Evacuation au petit matin des 300 Roms du bidonville de la petite ceinture à Paris
Evacuation au petit matin des 300 Roms du bidonville de la petite ceinture à Paris © MaxPPP / Francois Lafite

Trois cents à quatre cents Roms vivaient depuis l'été dernier sur l'ancienne voie ferrée de la petite ceinture, Porte de Clignancourt, au nord de Paris. Le camp a été évacué au petit matin mercredi 3 février.

Ils n'étaient plus que quelques dizaines lors de l'évacuation qui a débuté à 07h15 entre les portes des Poissonniers et Clignancourt dans le 18e arrondissement de Paris. 80 familles recensées, soit 270 personnes, ont dû quitter leurs cabanes de fortune, monter dans des bus, matelas et bagages sous le bras, direction l'hôtel en région parisienne. Beaucoup avaient déserté leurs cabanons préacires la veille, apprenant la rumeur d'une évacuation imminente.

"Conditions d'hygiène et de sécurité alarmantes"

Les conditions sanitaires du camp et l'état de santé de certains habitants justifient l'expulsion selon Yann Drouet, chef de cabinet du préfet de police de Paris.

Le campement est insalubre et on ne peut garantir la sécurité de ses habitants. Les moyens de chauffage rudimentaires font peser un fort risque d'incendie et l'intervention des pompiers dans ce camp enclavé est compliquée. Par ailleurs, des cas de tuberculose et de mucoviscidose ont été détectés

Un relogement temporaire

Les Roms ont été emmenés à l'hôtel pour quelques jours ou quelques semaines. Une solution de courte durée, avant qu'ils ne regagnent un autre bidonville, ou constituent un nouveau campement, un schéma habituel que dénoncent les associations.

Cette situation inquiète Nicolas Clément du Secours Catholique :

La probabilité pour qu'ils soient envoyés loin est forte. On nous parle de Stains en Seine-Saint-Denis ou de Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine, ça veut dire que les enfants scolarisés vont devoir se lever très tôt, ils ne viendront plus à l'école.

En début de smeaine, une centaine de personnes avaient manifesté devant la mairie du 18e arrondissement de Paris pour protester contre l'évacuation.

►►►Revoir le reportage en images de Mathilde Dehimi : Sortir du bindoville

Certaines familles ont déjà connu plusieurs expulsions ces dernières années. Elles ont soumis à la Ville de Paris un projet de construction de maisonnettes démontables ou de bâtiments modulaires pour 250 personnes environ. La Ville de Paris assure "étudier le projet mais ne pas avoir la main" sur les questions de logement soulevées par ce campement, situé sur un terrain privé. L'évacuation fait suite à deux jugements du tribunal de grande instance de Paris, les 30 septembre et 28 octobre 2015, requérant "le concours de la force publique" pour évacuer ce terrain, appartenant à SNCF-réseaux.

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