L'été n'est pas synonyme de vacances pour les pompiers, mais plutôt de surmenage, particulièrement avec les derniers grands incendies dans le sud.

Un pompier lutte contre les flammes à Artigues, le 25 juillet 2017.
Un pompier lutte contre les flammes à Artigues, le 25 juillet 2017. © AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Avec la saison estivale, les incendies se multiplient dans le sud de la France : Var, Vaucluse, Haute-Corse, Alpes-Maritimes ou encore Bouche-du-Rhône, les pompiers sont très sollicités. Parfois au bord de l'épuisement, Julien Tognetti sapeur-pompier à Montpellier se prépare au pire. L'an dernier, il a perdu l'un de ses collègues. "Psychologiquement on a l'idée dans un coin dans la tête. Lorsque vous faites un gros feu, un gros accident, ça tisse des liens très fort. Comme on dit dans le fourgon, on part à huit, on rentre à huit. Sinon c'est un échec" raconte Julien Tognetti.

Feu à Artigues en juillet 2017
Feu à Artigues en juillet 2017 © AFP / Anne-Christine POUJOULAT

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Stress, manque de sécurité et surmenage

Parfois, ce n'est pas un accident qui emporte le lutteur de flammes, mais le suicide. "Le taux de suicide chez les sapeurs-pompiers est bien plus élevé que la moyenne des Français. [...] Surtout chez les sapeurs professionnels qui sont dans des zones urbaines parfois un petit peu difficiles." explique Jérôme François, pompier du syndicat UNSA SDIS 95.

Julien Tognetti, sapeur-pompier à Montpellier :

Comme on dit dans le fourgon, on part à huit, on rentre à huit. Sinon c'est un échec.

A Biguglia, en Corse, les flammes menacent des habitations qui ont été évacuées
A Biguglia, en Corse, les flammes menacent des habitations qui ont été évacuées © AFP / PASCAL POCHARD-CASABIANCA

Un épuisement psychique qui s'explique notamment par un manque de moyens au niveau de "l'équipement et du recrutement" selon Jérôme François, pompier du syndicat UNSA SDIS 95. Les pompiers de France sont en "sous-effectif chronique" selon lui et "lorsque l'on sait que chaque minute écoulée correspond à 10% de chance de survie en moins sur un arrêt cardiaque, ça pose question", surtout dans ce qu'il se passe dans la tête du pompier. Le syndicat s'inquiète de la multiplication des missions, comme le transport de malades à la demande du SAMU qui pourtant ne relève pas de l'urgence. "Tant que l'on fera cela, on aura moins de pompiers disponibles pour faire de la vraie urgence." poursuit Jérôme François.

Patrice Beunard, président du syndicat national des sapeurs pompiers professionnels :

Ils y laissent un petit peu de leur santé, un petit peu de leur peau, un petit peu de leur vie.

Il y a aussi le matériel. Des véhicules vulnérables face aux flammes ou encore des avions en nombre insuffisant. Une angoisse qui pourrait facilement être gommée "si l'on mettait notre industrie aéronautique en marche pour avoir des moyens. Quelque chose d'un peu plus neuf, moderne efficace et surtout sérieux" lance Patrice Beunard. Le président du syndicat national des sapeurs pompiers professionnels s'explique, "c'est une guerre qu'on mène contre un feux de foret. C'est quelque chose d'imprévisible et donc il faut des moyens très importants pour imaginer là où il va aller, pour arriver avant lui".

Depuis la plage, les gens observent les Canadairs lutter contre les flammes
Depuis la plage, les gens observent les Canadairs lutter contre les flammes © AFP / VALERY HACHE

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb a promis de débloquer des fonds pour acheter de nouveaux avions sans que l'on ne sache quand et comment. Il a également demandé des renforts à l'Union Européenne.

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