Des documents déclassifiés révèlent qu'un sous-marin "douteux" se trouvait dans le port de Portsmouth, à moins de 400 kilomètres du lieu du naufrage, quelques jours plus tôt.

L'hypothèse du sous-marin américain fait partie de celles qui sont envisagées
L'hypothèse du sous-marin américain fait partie de celles qui sont envisagées © Maxppp / PhotoPqr / Ouest France

C'est un nouveau rebondissement dans cette histoire restée très vive dans les mémoires : le naufrage du Bugaled Breizh, le 15 janvier 2004, qui avait fait trois morts et deux disparus. L'affaire, classée depuis un non-lieu de la cour de Cassation au début de l'été, est rouverte par le journal Le Télégramme de Brest, qui révèle ce mardi de nouveaux éléments.

Un sous-marin à proximité du Bugaled ?

Selon le quotidien, qui a eu accès à des documents déclassifiés, le sous-marin américain USS HG Rickover, déjà évoqué dans l'affaire comme "douteux", se trouvait bien en escale à Portsmouth, fin 2003, à seulement 200 nautiques (un peu plus de 370 kilomètres) de là où a eu lieu le naufrage. Le bâtiment naval, qui était en mission antiterroriste, réapparaît le 2 février dans un port norvégien.

A-t-il, entretemps, croisé la route du Bugaled Breizh ? On l'ignore. La localisation du sous-marin à cette date est encore inconnue. Mais l'hypothèse du sous-marin américain n'est pas nouvelle : elle avait déjà été évoquée en 2013, mais les juges français l'avaient écartée avant de prononcer un non-lieu. Tout comme l'USS Albany, attaché à Norfolk, le sous-marin HG Rickover faisait partie d'une liste de 12 bâtiments de l'US Navy suspects dans le naufrage.

Selon l'expert judiciaire de l'enquête, un sous-marin serait entré dans la Manche le 15 janvier 2004 pour espionner un transport de plutonium militaire (entre Cherbourg et le Japon), dans le cadre de la "guerre totale contre le terrorisme" menée par George W. Bush. C'est au cours de cette mission, contrôlée par les renseignements américains pour préparer un transfert similaire entre les Etats-Unis et la France, que le sous-marin pourrait avoir croché les câbles du Bugaled.

Piste britannique

Me Tricot, avocat du fils de l'un des marins mort dans le naufrage, reste très prudent : pourquoi la piste du sous-marin américain resurgit, alors qu'en janvier, un tribunal britannique a prévu une semaine de débats sur l'affaire. Or en Angleterre, la piste privilégiée est celle du Turbulent, un sous-marin de la Royal Navy.

Si la procédure britannique aboutit à la mise en cause du Turbulent, les parties civiles demanderaient immédiatement la réouverture du dossier en France. L'avocat met en garde contre des possibilités de manipulation de l'OTAN.

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