En France, 3,2 millions de Français seraient exposés à un risque élevé de burn-out. Or si la pathologie est connue, ses symptômes ne sont pas toujours identifiés.

Jusqu'alors, le burn-out n'est pas reconnu comme une maladie professionnelle. Cela pourrait changer.
Jusqu'alors, le burn-out n'est pas reconnu comme une maladie professionnelle. Cela pourrait changer. © Maxppp / Alexandre MARCHI

C'est l'une des mesures de Benoît Hamon : il y a un an, le député PS lançait une pétition et proposait une loi pour enfin reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle. Aujourd'hui, le rapport sur le syndrome d’épuisement professionnel sera examiné par la commission des Affaires sociales. Mais qu'est-ce-que le burn-out ? Comment l'identifier et surtout l'empêcher ?

Les élus, dans leur proposition de loi, ont cherché à décrire "ce syndrome (qui) frappe sans distinction, cadres et simples employés, salariés du public comme du privé" :

Il est la conséquence d’un trop plein de travail, d’un trop plein de pression, qui mènent des hommes et des femmes à l’effondrement.

Il se traduit par de multiples symptômes qui se distinguent en trois événements : l'épuisement chronique, le détachement de son travail (cynisme) et la diminution de l’accomplissement personnel dans celui-ci.

Un long processus

Avant tout, le syndrome d'épuisement professionnel (ou burn-out) est un processus. Et c'est un phénomène croissant dans les sociétés contemporaines. Alors pour éviter qu'il ne s'installe, la prévention est indispensable. Cette reconnaissance du burn-out comme d'une maladie professionnelle permettrait notamment, grâce à ce rapport, d’améliorer les dispositifs existants et d’évaluer le coût social des pathologies psychiques liées au travail.

Le changement notable : si aujourd’hui les pathologies issues d’un burn-out sont prises en charge par l’assurance-maladie, elles ne sont pas reconnues comme maladies professionnelles. Si c'était le cas, elles seraient prises en charge par la branche Accident du travail - Maladie professionnelle, financée à 97 % par les cotisations des employeurs.

Mieux vaut prévenir que guérir

Les élus exposent notamment que "les entreprises seraient financièrement incitées à intégrer l’impact de la souffrance au travail dans leur politique managériale et leur organisation du travail". Pour eux, reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle, c’est aussi garantir des droits aux salariés qui en sont victimes

Une fois reconnu le caractère professionnel de la maladie, les soins médicaux sont couverts et une indemnité journalière permet de compenser la perte de revenu entraînée par l’arrêt de travail. Le salarié est alors protégé, son contrat de travail est suspendu et il ne peut être licencié qu’en cas de faute grave.

Pour faciliter cette reconnaissance, les députés proposent donc d'inscrire le burn-out dans le tableau des maladies professionnelles et invitent les comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles à faciliter l’instruction et la reconnaissance individuelle des cas de burn-out.

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Le burn-out, un problème d'organisation du travail ?

Par Marion L'Hour

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