Depuis les années 70, les tabagisme des femmes n'a cessé d'augmenter et avec lui, les maladies liées au tabac : cancers, insuffisance respiratoire, infarctus qui explosent depuis 15 ans.

En 2017, 24% des femmes de 15 à 75 ans fumaient quotidiennement, contre 30% des hommes
En 2017, 24% des femmes de 15 à 75 ans fumaient quotidiennement, contre 30% des hommes © AFP / Patrick STOLLARZ

Autrefois rare, le tabagisme des femmes n'a cessé d'augmenter depuis les années 70. À tel point qu'aujourd'hui, les femmes fument quasiment autant que les hommes. En 2017, 24% des femmes de 15 à 75 ans fumaient quotidiennement, contre 30% des hommes. Et si ces derniers réduisent de plus en plus leur consommation de tabac, les femmes ont plus de mal. 

Le constat alarmant que dresse cette semaine Santé Publique France est celui des conséquences de ce tabagisme féminin : c’est à dire une augmentation très importante des cancers, de l'insuffisance respiratoire et des infarctus.

Et les chiffres sont effrayants : d'après Santé publique France, le nombre de cas de cancers du poumon a augmenté en France de 72% entre 2002 et 2015. Le nombre d'hospitalisations pour BPCO, une maladie des bronches évolutive et très handicapante, a doublé. Et le nombre des infarctus avant 65 ans chez la femme a progressé de 50%. 

Dans le même temps, le nombre de décès liés au tabac a doublé

La consommation est en cause, bien sur mais aussi la sensibilité des femmes au tabac : pour un même nombre de cigarettes fumées, il a été prouvé que les femmes ont un risque d'infarctus ou de BPCO plus élevé que les hommes. 

Quant au cancer du poumon, il décime de plus en plus de femmes, surtout chez les 55-64 ans. Dans un avenir proche, les spécialistes prédisent même qu'il sera la première cause de mortalité par cancer chez la femme, devant le cancer du sein.

À deux jours des débuts du Mois sans tabac, ces chiffres montrent à quel point il est essentiel de rappeler l’importance d’arrêter de fumer.  Pourtant les femmes n'arrivent pas à décrocher du tabac constate la tabacologue Anne Borgne : "Ce n'est pas qu'elles sont plus difficiles à convaincre mais elles ont plus de craintes à passer à l'action, elles ont peur de prendre du poids ou d'échouer. Beaucoup plus que les hommes".  

Si les femmes sont soucieuses de leur apparence, autant miser sur ce point pour les inciter à arrêter de fumer estime Agnès Buzyn, la ministre de la Santé : 

On sait que le tabac abîme considérablement la peau, favorise l'apparition de rides. En Californie, c'est une campagne là dessus qui a été la plus efficace pour faire en sorte que les femmes arrêtent de fumer.

Pour convaincre, il faut sans doute plus et mieux expliquer car, d'après l'étude, les femmes n'ont pas pleinement conscience des risques qu'elles prennent : 20% seulement savent ce qu'est la BPCO, et pour celles qui savent, moins d'un tiers identifient le tabac comme sa cause principale.

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