Manuel Valls, le 21 janvier 2015
Manuel Valls, le 21 janvier 2015 © Reuters / Philippe Wojazer

C'est l'une des annonces de Manuel Valls pour lutter contre la radicalisation en prison : le recrutement de nouveaux aumôniers musulmans pour ne pas laisser le terrain au fondamentalisme. Mais ces 60 nouveaux aumôniers, il faut déjà les trouver...

Sur les 3.000 personnes dont Manuel Valls assure qu'elles doivent faire l'objet d'une surveillance en France, beaucoup sont déjà passés par la case prison. Le Premier ministre a annoncé mercredi un vaste plan, de 425 millions d'euros pour les trois prochaines années, avec la création de 2 680 postes, dont 1 400 au sein du Ministère de l'Intérieur.

Parmi eux, 60 nouveaux aumôniers musulmans, qui doivent assister les 182 qui interviennent déjà dans les prisons françaises. Mais ils ne seront pas forcément si facile à trouver.

Qu’ils soient catholiques, protestants, musulmans, israélites ou encore orthodoxes, les aumôniers de prison sont tous recrutés de la même manière : chaque confession dispose d’un aumônier national, qui chapote des aumôniers régionaux, qui encadrent eux-mêmes des aumôniers locaux .

Des critères de recrutement (très) stricts

Ce sont ces aumôniers nationaux qui ont la charge de recruter, plus précisément de présenter des candidatures, puisqu’elles doivent être validées par les préfectures et par l’administration pénitentiaire. Ce sont aussi ces aumôniers nationaux qui reçoivent des fonds publics, et qui sont chargés de les redistribuer à leurs aumôniers répartis dans toute la France.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas là d’un salaire, mais d’indemnités. Elles dépassent rarement le millier d'euros par mois, sans retraite, ni chômage, ni même sécurité sociale. On n’est donc plus proche du bénévolat que d’un véritable statut et surtout, d’un véritable emploi qui permet de vivre.

Difficile donc de trouver des candidats, en particulier chez les musulmans. Car les critères sont aussi très stricts : il faut parler couramment le français, avoir fait des études de théologie dans un centre reconnu (comme par exemple la Mosquée de Paris), être disponible, en particulier le vendredi (jour de prière des musulmans mais jour de travail pour n’importe quel salarié).

Un casse-tête qui a d'ores et déjà poussé l'aumônerie musulmane nationale des prisons à relativiser l’annonce de Manuel Valls.

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