C'est le résultat d'une étude polonaise qui vient d'être publiée dans une revue scientifique : à l'issue d'une privation d'un tiers de leur quantité de sommeil habituelle pendant dix jours, des patients n'avaient pas récupéré toutes leurs fonctions cognitives une semaine après.

Un manque de sommeil entraîne des séquelles qui peuvent rester présentes une semaine après.
Un manque de sommeil entraîne des séquelles qui peuvent rester présentes une semaine après. © Getty / Basak Gurbuz Derman

C'est un mal moderne : on sait aujourd'hui que 30% des Français, des jeunes surtout, ne dorment pas autant qu'il le faudrait. Une privation quotidienne d'une heure de sommeil à peu près dans la semaine, qu'on essaie souvent de rattraper le week-end en faisant la grasse matinée. C'est mieux que rien, mais ce n'est pas idéal. 

Dormir 5h15 par nuit au lieu de 7h35

Une étude polonaise qui vient de sortir dans la revue Plos One pousse l'experience et va plus loin dans la privation. Elle démontre que si l'on prive des patients d'un tiers de leur quantité de sommeil habituelle pendant dix jours, ils n'ont toujours pas récupéré toutes leurs fonctions cognitives, notamment, sept jours après. Concrètement, dans l'expérience, pendant dix jours, une vingtaine de patients n'a dormi que 5h15 en moyenne par nuit au lieu de leurs 7h35 habituelles. 

Après sept jours de retour à un sommeil normal, si les patients avaient retrouvé certains réflexes, d'autres paramètres neurophysiologiques n'avaient pas suivi et restaient à la traine. 

"Une machinerie qui se met en route"

Pour le docteur Sylvie Royan Parola, spécialiste du sommeil, cela prouve que le cerveau n'est pas aussi élastique qu'on pourrait le croire au manque de sommeil : il accuse le coup et met du temps à s'en remettre. Même si l'étude ne dit pas comment évoluent les constantes au-delà d'une semaine, le seul fait que le cerveau n'ait pas retrouvé toutes ses facultés après sept jours est énorme, selon elle : "Toute la subtilité du sommeil, c'est que c'est une vraie machinerie qui se met en route dans un moment particulier, et que le cerveau peut avoir certaines fonctions particulières à ce moment-là."

"Ce style d'études laisse penser que si on ne fait pas ce travail-là à ce moment-là, il y a des séquelles".

D'une façon générale, un temps de sommeil couramment inférieur à six heures favorise, on le sait, l'apparition à long terme de problèmes cardiaques, d'hypertension, de problèmes métaboliques avec des prises de poids : il fragilise aussi l'état immunitaire. La privation de sommeil est à ce titre considérée comme un facteur de risque face à certains cancers.