[scald=84745:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le ministre français de l'Intérieur a défendu jeudi la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et son patron, Bernard Squarcini, accusés dans un livre d'avoir placé des personnalités politiques sous écoute pour le compte de l'Elysée.

Après la récente mise en cause de la "police des polices", Claude Guéant a dénoncé une campagne systématique visant les hommes de confiance de Nicolas Sarkozy.

Il réagissait aux accusations formulées dans un livre de journalistes du Point et du Canard enchaîné, intitulé "L'espion du président", qui paraît jeudi et dont Le Point publie des extraits.

L'ouvrage accuse Bernard Squarcini d'être "instrumentalisé" par l'Élysée et d'avoir notamment créé au sein du "FBI à la française", fort de 4.000 fonctionnaires, un groupe d'"opérations spéciales" capable de "rentrer n'importe où".

Mediapart annonce pour sa part sa décision de saisir la justice de faits nouveaux, avancés dans le livre, sur la surveillance illégale dont aurait fait l'objet le site d'informations sur internet.

Le syndicat Unité SGP Police, qui ne ménage généralement pas ses critique envers certains aspects de la politique de sécurité du gouvernement, s'inquiète quant à lui de voir cette polémique rejaillir sur l'ensemble du service.

"Cette direction et les personnels qui la composent sont, comme l'ensemble de leurs collègues des autres directions, des fonctionnaires de police intègres qui exercent leur métier avec abnégation et déontologie", écrit-il dans un communiqué.

Claude Guéant a affirmé que la DCRI était "un instrument qui est à la disposition des Français pour lutter contre les menaces qui pèsent sur notre pays au service de l'intérêt général".

LA CLOCHE DU SECRET-DÉFENSE

"Je démens tout à fait que la DCRI soit un instrument politique au service du pouvoir, a-t-il dit sur France Inter. C'est absolument faux. La DCRI n'écoute pas de personnalités politiques, évidemment non."

Pour le ministre de l'Intérieur, la publication de l'ouvrage s'inscrit dans une campagne visant les responsables policiers mis en place par le chef de l'Etat.

"Vous ne m'empêcherez pas d'observer qu'en ce moment, il y a une sorte de mise en cause systématique de ceux qui sont censés avoir la confiance du président de la République."

Bernard Squarcini a été mis en examen en octobre 2011 pour "atteinte au secret des correspondances" dans une affaire d'écoutes des communications de journalistes du Monde.

Selon les auteurs de "L'espion du président", le responsable policier aurait aidé Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007 à déminer les "pièges", comme le scandale Clearstream.

En retour, le chef de l'Etat l'a placé en 2008 à la tête de la DCRI, puissant service né en 2008 de la fusion entre la Direction de la surveillance du territoire (DST) et la Direction centrale des Renseignements généraux (RG).

Le livre estime que la dérive de la DCRI a été rendue possible par la "cloche" du secret-défense, qui permet de tenir à distance magistrats et journalistes.

Mediapart évoque également le témoignage de l'ancien patron des Renseignements généraux, Joël Bouchité, décrivant dans l'ouvrage les "moyens parfaitement illégaux" utilisés pour surveiller les rédactions sous le règne de Bernard Squarcini pour contrer des révélations du site d'information.

Patrick Vignal et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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