CHU Sébastopol de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert
CHU Sébastopol de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert © MaxPPP / Daniel Fouray

L'hôpital convoque une nouvelle fois la famille de Vincent Lambert. L'équipe médicale doit dire ce jeudi si le maintien en vie du patient, en état végétatif irréversible, relève ou non de l'obstination déraisonnable.

C'est peut-être l'épilogue d'une affaire qui a porté la question de la fin de vie sur la place publique. Ce jeudi, l'équipe médicale du CHU de Reims pourrait se prononcer en faveur d'un arrêt des traitements administrés à Vincent Lambert, ancien infirmier psychiatrique de 38 ans, tétraplégique et en état végétatif depuis un accident de la route en 2008. Les membres de la famille du patient sont convoqués à l'hôpital, pour la deuxième fois en une semaine. Lors du premier conseil de famille, le 15 juillet, les médecins les informaient qu'ils avaient engagé une procédure d'arrêt des traitements. Ce 23 juillet, le deuxième conseil de famille doit permettre aux proches de Vincent Lambert d'être informés des conclusions de cette procédure.

Les précisions de Danielle Messager.

Peu de doutes sur la décision des médecins

Selon une source proche du dossier, les derniers examens cliniques du patient auraient confirmé la gravité de ses atteintes cérébrales associées à des troubles de la déglutition sévères, rendant impossible toute hydratation ou nutrition efficace par voie orale. Et dans la lettre adressée aux membres de la famille Lambert, la médecin-cheffe du service où Vincent Lambert est hospitalisé, Daniela Simon, indique : "l'objectif de cette réunion sera, tout en tenant compte des constatations du Conseil d'Etat et de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, de vous informer de la décision que j'ai prise ".

Le 5 juin, la Cour Européenne des Droits de l'Homme a validé la décision du Conseil d'Etat prise un an plus tôt : les 17 juges de la CEDH se sont prononcés en faveur de l'arrêt des soins, estimant que cela ne violerait pas le droit à la vie du tétraplégique.

... et peu de doutes sur la réaction des parents de Vincent Lambert

En sortant du premier conseil de famille au CHU de Reims, le 15 juillet, les parents de Vincent Lambert appuyés par deux de leurs enfants, ont porté plainte contre l'hôpital et les médecins, pour "tentative d'assassinat et séquestration". Catholiques traditionnalistes, farouchement opposés à l'arrêt des soins - contrairement à la femme, au neveu et à plusieurs proches de Vincent Lambert -, ils pourraient à nouveau saisir le tribunal administratif et poursuivre ainsi un marathon judiciaire entammé au printemps 2013. Par ailleurs, un groupe de soutien aux parents (celui qui avait diffusé en juin une vidéo censée démontrer que Vincent Lambert réagissait à des simulations de son entourage) a appelé à un rassemblement à proximité de l'hôpital de Reims ce jeudi.

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