Les données de Waze montrent que le nombre de kilomètres effectués chaque jour en France avec l'aide de l'application de navigation GPS est en augmentation. Le trafic est en passe de retrouver un niveau quasi normal.

Le nombre de kilomètres effectués avec l'application Waze est en passe de retrouver son niveau habituel, alors même que l'activité économique n'est pas à son maximum dans l'Hexagone.
Le nombre de kilomètres effectués avec l'application Waze est en passe de retrouver son niveau habituel, alors même que l'activité économique n'est pas à son maximum dans l'Hexagone. © Illustration: X. D. / Capture d'écran Google Maps

C'était une crainte majeure, y compris au sein du gouvernement : que tout le monde se rue sur la voiture après le confinement, par peur d'emprunter de nouveau les transports en commun. S'il est difficile de quantifier réellement les choix des Françaises et des Français, les chiffres mis en ligne par Waze, l'une des applications les plus utilisées sur smartphones pour du guidage GPS montrent que le trafic automobile (et les bouchons qui vont avec) a repris de plus belle pour retrouver un niveau quasi normal.

Comme l'avaient fait Apple et Google auparavant, Waze calcule l'augmentation ou la diminution des kilomètres parcourus pendant une journée via un trajet guidé par GPS, sur la base d'une valeur de référence correspondant à une utilisation normale de l'application. Ces données ne représentent que les utilisateurs d'une appli de navigation et évidemment pas tous les automobilistes, mais les dizaines de milliers de requêtes permettent de dessiner une tendance. 

En l’occurrence, le graphique pour la France montre bien une chute spectaculaire puis une reprise progressive à partir de mi-mai et du déconfinement. Et si le trafic était 94 % en dessous du trafic habituel début avril, il n'était plus que 13 % inférieur à la valeur de référence le 9 juin : signe que le nombre de kilomètres effectués avec l'application Waze est en passe de retrouver son niveau habituel, alors même que l'activité économique (et les déplacements associés) n'est pas à son maximum dans l'Hexagone.  

Selon ce graphique, le 2 juin, le trafic automobile était tout juste 9% en dessous de la normale. Et mardi dernier, le trafic était 13% inférieur. Très loin des 94% de trafic en moins enregistrés le 29 mars au plus fort du confinement. On note aussi, sans surprise, un bond autour du 11 mai (date du début du déconfinement) puis une augmentation progressive et des creux, sur toute la période, au niveau des week-ends.  

Tendance similaire dans les grandes villes

L'analyse de ces données ville par ville (Waze propose un jeu de données entre le 2 mars et le 9 juin à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Toulouse et Paris) montre une tendance similaire sur la totalité de la période. Toutefois, il semblerait que le trafic ait repris encore plus fortement à Paris et à Marseille dans les premières semaines du déconfinement, avant d'être rattrapées par les autres villes.  

Il semblerait qu'à Paris, les déplacements en voiture aient toujours été au-dessus de la normale. Peut-être est-ce du au fait que de nombreux taxis ou VTC (rares véhicules à circuler durant le confinement) utilisent beaucoup Waze. À Lille, le trafic via l'application était aussi quasi normal le 8 juin. 

Quelle corrélation avec les bouchons et la pollution ?

S'il est difficile d'établir un lien concret entre le niveau de pollution dans ces villes, les embouteillages et les tendances observées grâce aux données de Waze, on peut tout de même constater que, sur ces sujets, le monde d'après ressemble à peu de choses près au monde d'avant. À Paris, le graphique quotidien du site Sytadin montre bien une reprise des bouchons du quotidien, correspondants aux trajets pendulaires des Franciliens. 

De plus, comme l'a souligné Airparif dans un premier bilan post-confinement, cette période d'activité quasi nulle a montré la corrélation entre le trafic routier et la qualité de l'air dans la capitale. 

Emissions quotidiennes en oxydes d'azote en Île-de-France par rapport au 9 mars 2020.
Emissions quotidiennes en oxydes d'azote en Île-de-France par rapport au 9 mars 2020. / Airparif

"Sur la période du 11 au 31 mai, la reprise progressive des activités, et particulièrement du trafic, a conduit à une remontée des quantités de polluants rejetés dans l’atmosphère (émissions) pour les oxydes d’azote (NOx) et les particules (PM10 et PM2.5) à des niveaux équivalents à 80% des émissions observées avant le confinement et jusqu’à 90% pour le boulevard périphérique. Les émissions de CO2 sont également reparties à la hausse, avec une augmentation jusqu’à 80% des niveaux habituels", note l'Association de surveillance de la qualité de l'air dans la capitale. 

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