Aujourd'hui, le congé paternité est entré dans les habitudes et sept pères sur dix prennent ces onze jours qui leur permettent d'accueillir leur enfant

Il y a 15 ans, ce papa breton était l'un des premiers a bénéficier du nouveau congé paternité
Il y a 15 ans, ce papa breton était l'un des premiers a bénéficier du nouveau congé paternité © Maxppp / LE TÉLÉGRAMME/Claude PRIGENT

Il y a 15 ans, jour pour jour, la loi sur le congé paternité était adoptée, à l'initiative du gouvernement Jospin (elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2002). Aux trois jours du congé de naissance, les nouveaux papas bénéficient d’onze jours supplémentaires.

Aujourd'hui, le congé paternité est entré dans les habitudes et sept pères sur dix le prennent, mais sa durée et son caractère non-obligatoire font toujours débat. L'employeur ne peut pas refuser d'accorder le congé de paternité, mais il doit en être informé au minimum un mois à l'avance.

Entre le couffin et la table à langer, Philippe, 38 ans, prend tout doucement dans ses bras son fils, né il y a six jours : "_au départ c’est un vrai stress. On a l'impression que c’est tellement fragile qu'on fait attention à tout". _Philippe a couplé ses congés annuels avec son congé paternité, pour rester un mois à la maison : "pour moi c'était important d'être là pour les premiers sourires, les grimaces".

Une envie que remarque de plus en plus Benoît Le Goëdec, sage-femme depuis 28 ans : _"au début, dire dans on entreprise 'je m'arrête en congé paternité', c'était un pas à franchir que certains ne franchissent pas. Puis après ça a basculé". _Même si onze jours c'est court, selon Philippe : "Onze jours c’est bien pour prendre le temps pour se poser, mais ce n'est pas assez pour tous pour prendre conscience de l’engagement et de responsabilité. J'ai entendu parler d'autres pays où le congé dure six mois ou il est à répartir entre l'homme et la femme".

Cette possibilité existe en France avec le congé parental d'éducation. Les pères peuvent arrêter de travailler durant six mois. Là aussi le salaire n'est alors plus versé, mais la compensation versée par la sécurité sociale est minime, entre 500 et 600 euros mensuels uniquement. Résultat : seul 4% des pères ont déjà pris ce congé.

Selon Benoît Le Goëdec, la solution serait plutôt d'allonger à un mois le congé paternité, pris en charge entre l'entreprise, la sécurité sociale et la mutuelle, et de le rendre obligatoire. Le groupe de recherche pour un autre Code du travail réclame lui un congé paternité obligatoire égal à celui de la mère, soit 16 semaines.

Dès le début de votre congé, votre employeur devra établir une attestation de salaire. C'est sur la base des éléments portés sur cette attestation que l'Assurance Maladie détermine si vous remplissez les conditions requises pour avoir droit aux indemnités journalières pendant votre congé et, si tel est le cas, en calcule le montant.

Mots-clés :