Comme chaque année, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) publie son rapport sur la représentation des femmes à la télévision et à la radio. L’exercice 2019 révèle une amélioration de leur présence, notamment à la radio.

Depuis 2014, le CSA mesure la part des femmes représentées à la télévision et à la radio.
Depuis 2014, le CSA mesure la part des femmes représentées à la télévision et à la radio. © AFP / Thomas Samson

Selon le dernier rapport publié par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), la part des femmes dépasse les 40% à la télévision et à la radio pour la première fois. Toutefois, leur temps de parole demeure plus faible, et les stéréotypes persistent, notamment dans la téléréalité.

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Plus de femmes à la télévision et à la radio...

Après la baisse constatée en 2018, la part des femmes présentes à l’antenne - télévision et radio confondues - atteint 41% contre 59% d’hommes, selon les données fournies par les éditeurs. Soit une progression de deux points par rapport à l’année 2018.

Concernant les rôles des femmes, on relève que leur part progresse jusqu’à atteindre la parité pour la catégorie "présentateur/trice" (50% soit 3 points par rapport à 2018). On atteint également 40% de journalistes femmes ( 2 points), 38% d’expertes ( 1 point).

La progression la plus notable est la part d’invitées politiques (33% soit 6 points), après une baisse continue depuis 2016. Seule la part des "autres intervenantes" (ex : un artiste faisant la promotion de son album) baisse de manière significative par rapport à 2018 (34% soit -4 points), bien qu'elle se maintienne à la radio.

Jusqu’à lors, la télévision présentait toujours plus de femmes sur ses antennes que la radio. Les derniers constats du CSA montrent que cet écart se résorbe puisque, pour la première fois, la part des femmes à la radio atteint la barre des 40% ( 3 points par rapport à 2018) alors que cette même part à la télévision reste stable (42%).

Dans le détail, la télévision compte plus de femmes présentatrices (54% contre 45% pour la radio) et invitées politiques (36% contre 27% pour la radio), mais moins de femmes journalistes qu'à la radio (42% contre 38% pour la télévision). Les expertes, elles, sont autant présentes à la télévision qu'à la radio (38%, soit 8% par rapport à 2016).

Par ailleurs, on relève que les femmes sont sous-représentées dans les programmes relevant des genres "Sport" (12%) et "Divertissement-jeux" (25%). Dans les programmes d’information, journaux et magazines, elles sont représentées, respectivement, à hauteur de 42% et 37%.

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...Mais pas toujours dans de bonnes conditions

Alors que le taux de présence des femmes s’élève à 41%, leur temps de parole, mesuré automatiquement par l’Institut national de l'audiovisuel (INA), n’est que de 36%, ce qui laisse supposer qu’à présence égale, les femmes s’expriment moins que les hommes.

À la radio, par exemple, si les femmes sont davantage présentes dans les matinales (41% soit 2 points par à 2018), leur temps de parole reste bien inférieur (32%). À la télévision, un quart des chaînes présentent un temps de parole des femmes inférieur à 27%.

Enfin, si les invitées politiques sont plus nombreuses qu’en 2018, on remarque que lors des élections européennes (15 avril et 24 mai 2019), leur temps de parole n’était que de 28%.

Autant de nuances à cette féminisation qui justifient des préconisations du CSA. Il demande notamment aux antennes d'intégrer plus de femmes aux heures de forte audience, de limiter les pratiques conduisant les hommes à interrompre les femmes lorsqu’elles s’expriment ("manterrupting"), ou encore de veiller à la parité dans les équipes de production de programmes.

Des stéréotypes tenaces dans la téléréalité

S’agissant des émissions de téléréalité, "au sein desquelles les propos stéréotypés ou les situations dévalorisantes semblent particulièrement présents", au terme de plus d’une centaine d’heures de programmes visionnées, le CSA note que "les propos stéréotypés ou les situations dévalorisantes semblent particulièrement présents", mais "moins systématiques" à l’égard des femmes. Un constat corroboré par le faible nombre de saisines portant sur l’image des femmes dans ces émissions.

Néanmoins, les hommes y demeurent "aussi stéréotypés que les femmes : le plus souvent, l’homme y est viril et dominant, tandis que la femme y est hyper sexuée", décrypte le CSA qui soulève également que "plusieurs concepts d’émissions se fondent sur l’assujettissement d’un groupe de femmes à la sélection drastique d’un jeune célibataire les jugeant sur des critères mêlant esthétisme et docilité".

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