Illustration à Aulnay-sous-Bois, où des locataires ont porté plainte contre leur bailleur social, Emmaüs Habitat, à cause de la présence d'amiante dans leurs immeubles.

Vue générale d'une cité d'Aulnay-sous-Bois
Vue générale d'une cité d'Aulnay-sous-Bois © Reuters / Gonzalo Fuentes

Le conflit dure depuis plusieurs mois, et l'amiante n'est que l'arbre qui cache la forêt. Une association de locataires estime même qu'Emmaüs est un marchand de sommeil.

► ÉCOUTER | Le reportage de Delphine Evenou à Aulnay-sous-Bois

Ici, dans la Cité de l'Europe (dix tours, sept immeubles des années 50 et 800 logements), tout a été réhabilité il y a trois ans. Et pourtant, dans la salle de bains de Louise :

Il y a des plaques qui tombent, la moisissure, des cafards, des rats... C'est pas normal de vivre comme ça.

En voyant ces malfaçons, l'Amicale des locataires a commencé à se poser des questions sur le désamiantage, mais impossible d'obtenir un document technique. Pour Mohamed Maatoug, son président, la plainte, le recours à la justice, c'est le seul moyen de faire bouger Emmaüs Habitat. "Quand je vois l'état des logements aujourd'hui, quand je vois la peinture qui s’effrite, les conteneurs qui ne sont pas lavés, qu'il n'y avait pas d'eau chaude chez moi pendant plus de trois semaines, que l'ascenseur fonctionne une fois sur deux... Et que mon loyer arrive en temps et en heure, je me pose des questions."

Des conditions de logement qui entretiennent un climat de colère sourde quasi-permanent, jusqu'à ce qu'un évènement, les violences policières par exemple, soit l'étincelle qui met le feu aux poudres.

Un conciliateur à l’œuvre

Ici, une bonne partie des problèmes sont dus à des actes de vandalisme, réplique le bailleur social. Pour le reste, "on est au travail", assure Claire Lanly, directrice générale d'Emmaüs Habitat. "Il y a pu y avoir à l'issue de la réhabilitation un défaut de vigilance sur certains sujets. Dès lors que nous avons été alertés, nous avons pris toute mesure pour essayer d'améliorer les choses."

Les locataires ne sont pas convaincus : un rapport d'expertise est attendu mardi. Un conciliateur est également à l’œuvre. Quant à la plainte, elle est déjà partie au tribunal de Bobigny.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.