Le projet de loi de finances 2018 prévoit une baisse des sommes allouées au dispositif d'accompagnement de sortie de la prostitution voté en 2016. Il aide pourtant les prostituées à sortir de leur condition et à se réinsérer.

L'aide à la réinsertion des prostituées pourrait être mise à mal par le gouvernement
L'aide à la réinsertion des prostituées pourrait être mise à mal par le gouvernement © AFP / REMY GABALDA

Auparavant, les prostituées étaient considérées comme coupables à travers le délit de racolage. 

Non seulement depuis la loi  n° 2016-444 du 13 avril 2016 les prostituées ne sont plus considérées comme coupables de racolage mais comme victimes, mais la loi vise également à "accompagner les personnes prostituées". 

Elle prévoit ainsi un parcours de sortie de la prostitution et d’insertion sociale et professionnelle. Pour les personnes engagées volontairement dans ce parcours, la loi prévoit sous certaines conditions :

- une aide financière à l’insertion sociale et professionnelle (AFIS). Cette aide, d’un montant de 330 € par mois, est accessible depuis le 1er avril 2017. Elle est évidemment indispensable pour palier le manque de revenus lors de l'arrêt de la prostitution.

- une aide à l’hébergement 

- une aide à la formation

- des cours de français, si nécessaire

- les prostituées étrangères peuvent obtenir un titre de séjour provisoire sans avoir à dénoncer leur souteneur comme c'était le cas auparavant.  

Un budget revu à la baisse

Or, dans le budget 2018 actuellement discuté, les fonds consacrés à ces parcours ont fondu. : le budget total alloué à la lutte contre la prostitution passe de 6,6 millions d’euros en 2017 à plus de 5 millions en 2018. L’enveloppe destinée à l’Afis, elle, passe de 3,8 millions en 2017 à 2,4 millions en 2018.  Ce lundi 13 novembre, les députés ont en effet rejeté les amendements destinés à augmenter le budget de l’Afis. C’est donc ce parcours de sortie qui concentre la baisse de budget.

Selon le Secrétariat d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, cette baisse est due à un "redimensionnement" du dispositif. 

En 2017, nous pensions aider 1 000 femmes grace au dispositif, mais seules 30 l'ont demandé. D'où cette baisse de budget en 2018, où nous prévoyons 600 cas. 

Les associations inquiètes

Le Mouvement du nid et l'Amicale du nid accompagnent les prostituées dans leur parcours de sortie. Hélène de Rugy, présidente de l'Amicale du nid, association présente dans dix départements, explique à notre reporter Sébastien Sabiron :

Ce budget se réduit comme peau de chagrin. Or, de plus en plus de personnes veulent s'inscrire dans ce parcours. Elles ne voyaient pas de solution à leur condition et ce parcours leur donne enfin un espoir.

On estime à 20 000 à 40 000 le nombre de personnes prostituées en France, dont 85% de femmes
On estime à 20 000 à 40 000 le nombre de personnes prostituées en France, dont 85% de femmes © Visactu / Visactu
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