Le dopage semble faire partie de l’histoire relativement récente du Tour. En vérité, ce sont les scandales liés au dopage qui sont d’émergence récente puisqu’on trouve déjà des coureurs « chargés » dans les chroniques d’Albert Londres en 1924.

1963 Le vrai visage du « doping »

En 1963, quelques jours avant le départ du cinquantième Tour, le magazine de grand reportage « Les coulisses de l’exploit » consacre un numéro au Tour.Il aborde sans concession tous les aspects de la course, notamment ce qu’on appelait encore le doping. Des images fortes de coureurs en perdition, qui contribueront à la rédaction d’une loi, en 1966 : loi qui se donne pour objectif d’éradiquer le phénomène !

### 1966 Grève contre le « doping » Première sur le Tour, une opération de police est menée à l’arrivée à Bordeaux. Plusieurs coureurs doivent se soumettre à des contrôles inopinés, dont Raymond Poulidor et Hermann Van Springel.La réaction du peloton ne se fait pas attendre : le lendemain, entre Bordeaux et Bayonne, les coureurs déclenchent la première grève de l’histoire du cyclisme.Une grève de quelques minutes pour protéger leur intimité, avec un meneur, « Maître Jacques » Anquetil lui-même.
L’année suivante, Tom Simpson trouvera la mort sur les pentes du Mont Ventoux. ### 1983 Les justifications du dopage Encore une fois, les coureurs menacent de faire grève, jugeant abusifs les contrôles antidopage qui se multiplient. Et ceux qui se font prendre ont toujours une bonne raison d’avoir absorbé des produits interdits.Le plus souvent, ils invoquent une nécessité thérapeutique : impossible de soigner telle ou telle affection sans ce type de médicaments. Le corps médical s’avoue divisé sur la question. ### 2002 Quelque chose à déclarer Francophile et amoureux de la Provence, le très britannique Julian Barnes a découvert le Tour comme partie intégrante de notre patrimoine socioculturel au cours de ses recherches.Dans un des 17 chapitres de son recueil « Quelque chose à déclarer », il évoque la mémoire de son compatriote Tom Simpson, mort sur les flancs du Mont Ventoux, et surtout le dopage - qui depuis que le cyclisme est devenu un sport - en est l’une des plaies. > _Benjo Maso, le sociologue et historien du cyclisme néerlandais, éclaira ma lanterne et me déprima en me parlant de l'histoire du dopage. Dans les premiers temps on utilisait surtout la strychnine, la cocaïne et la morphine, bien qu'il y eut aussi des remontants plus folkloriques, comme le sang de taureau et les testicules broyés d'animaux sauvages. Un Anglais nommé Linton mourut d'épuisement après le Bordeaux-Paris de 1896 ; sa mort fut généralement attribuée à l'usage de la morphine. dans les années vingt, les coureurs se dopaient avec "d'incroyables quantité d'alcool".(...) A Bédoin, où commence l'ascension du Ventoux, Simpson aggrava, dit-on, les choses pour lui en s’arrêtant avec d'autres coureurs pour boire quelque chose - d'après la légende, un whisky et un pastis. Cela peut paraître sottement suicidaire pour un champion aujourd'hui, mais à l'époque le règlement du tour n'autorisait les accompagnateurs à donner du liquide à leurs coureurs qu'à certains intervalles ; en outre, tout le monde croyait dans le peloton que l'alcool bu pendant une course ne pouvait pas faire de mal, puisqu'il était rapidement éliminé par la transpiration..._ "Quelque chose à déclarer" de Julian Barnes (Mecure de France, 2002) ### 2005 La sensation Armstrong En août 2005, Lance Armstrong vient de gagner son septième Tour consécutif. Exploit véritablement historique, qui relègue tous ses prédécesseurs au rang de coureurs ordinaires.Pourtant, le 23 août, le journal « L’Equipe » révèle que l’Américain était dopé lors de sa première victoire sur le Tour en 1999. Les soupçons étaient lourds depuis longtemps, mais cette publication marque le début de la descente aux enfers de celui qui restera finalement dans l’histoire comme le plus grand menteur du sport.
### 2008 L’arsenal antidopage s’étoffe Le Tour est sorti du circuit de l’Union Cycliste Internationale. Du coup, il est organisé sous l’égide de la Fédération Française et ce sont des médecins de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage qui ont la charge des contrôles.Ils vont frapper fort : 4 coureurs vont être mis hors course par leurs équipes après avoir été convaincus de dopage. Après la course, 3 autres coureurs seront reconnus dopés, dont l’Autrichien Bernhard Kohl qui avait remporté le classement de la montagne.
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