Poison du peloton depuis que la course existe, le dopage est encore et toujours d'actualité pour cette centième édition. Depuis le début de l'été on a appris que Jan Ullrich et Laurent Jalabert étaient dopés.

1955 Malléjac

Pour la première fois en 1955, un coureur est exclu du Tour de France pour dopage (à l’époque, on dit doping). Membre de l’équipe de France, le Breton Jean Malléjac avait de toute façon abandonné. Lors de la 11ème étape, entre Marseille et Avignon, la chaleur est étouffante.La route de la course passe par le Ventoux, et les spectateurs voient Malléjac zigzaguer sur la route, avant de s’effondrer sans connaissance sur le bitume brûlant. Une enquête révélera qu’il avait absorbé des amphétamines. Les organisateurs annonceront une enquête et des mesures sévères pour que cela ne se reproduise pas.12 ans après, Tom Simpson s’écroulait, mort au même endroit.

Malléjac 1955
Malléjac 1955 © Le Parisien 1955

11 juillet 1967 Le docteur Dumas parle

Le 11 juillet 1967, le médecin du Tour, le docteur Dumas est interrogé à la télévision sur le dopage. Il fustige non les coureurs, mais leurs entourages et dénonce comme étant un problème de santé publique, la généralisation du phénomène.2 jours plus tard, le 13 juillet, sur les pentes du Ventoux, Tom Simpson…

### Saler la soupe Chez les cyclistes comme dans toute corporation, il y a un argot propre au métier.On y parle de « bordures », de « grupetto », et depuis très très longtemps de « topette », voire de « pot belge » pour évoquer le dopage. Sur le même sujet, on dit aussi d’un coureur aux performances étonnantes qu’il a bien « salé la soupe ».Admirez les réactions des coureurs en général et celle de Jacques Anquetil en particulier, quand les reporters de la télévision leur demandent si l’expression « saler la soupe » évoque quelque chose pour eux. ### L'affaire Festina 1998 fait partie des dates de la saga du dopage sur le Tour, au même titre que 1955 (Malléjac) et 1967 (Simpson). Cette année là, après l’arrestation du soigneur de l’équipe Festina Willy Voet dont la voiture était pleine de produits interdits, Jean-Marie Leblanc, le directeur du Tour est obligé d’exclure l’ensemble de la formation.Richard Virenque qui avait espéré prendre le départ quand même est en larme…
…mais ses supporters ne lui en veulent pas trop, et sa popularité est (presque) intacte.
### Mieux vaut en rire Les humoristes ont trouvé avec le dopage un filon pratiquement inépuisable pour faire rire au dépens du cyclisme. Journalistes complaisants, directeurs sportifs véreux, spectateurs crédules, ils y sont tous passés, avec naturellement un grand nombre de sketches dédiés aux coureurs.Il faut dire que ceux-ci ont également un certain don pour la formule comique : « à l’insu de mon plein gré » ou plus récemment : « je ne peux pas dire que ce soit faux, je ne peux pas dire que ce soit vrai » sont parmi les plus connues.Le Nordiste Marco lui, met en scène un directeur sportif aterré.
### A dopés, dopés et demis En 2003, le monde du cyclisme se passionne pour le duel entre deux immenses champions : l’Allemand Jan Ullrich, vainqueur en 1997 et Lance Armstrong, en quête d’un cinquième succès consécutif. La bataille fait rage dans la quinzième étape qui arrive à Luz Ardiden. Et la fin d’étape révèle des qualités physiques quasiment surhumaines chez les principaux acteurs… Depuis l’hiver dernier, on sait pourquoi Armstrong allait si vite. Et depuis fin juin, on sait pourquoi Ullrich était si à l’aise…
### L'UCI L’Union Cycliste Internationale, et avec elle les organisateurs de grandes épreuves comme le Tour, ont longtemps nié, contre de nombreuses évidences, l’existence d’un phénomène généralisé de dopage dans le peloton. Des instances trop peu dénoncées, sauf par des journalistes ou des écrivains éloignés de leurs terrains de jeu, ce qui est le cas de l’ancien patron du « Monde », Eric Fottorino. > Bien sûr, il existe dans ce sport une culture du dopage, car on exige des coureurs des efforts hors du commun. "_Un sprinter qui prend de la testostérone se dope pour tricher, explique le président de l'UCI. mais que dire d'un coureur du Tour de France qui veut tenir le coup pour arriver à Paris, sans l'espoir de gagner, seulement pour terminer l'épreuve, préserver son salaire, sa place dans l'équipe ?"_ . Un discours qu'il ne peut pas tenir officiellement. "Je pars demain" d'Eric Fottorino (Stock, 2001) ### 15 ans après : Jalabert Juste avant le départ du Tour, a éclaté le dernier scandale de dopage concernant le Tour.Laurent Jalabert, l’un des coureurs français les plus titrés et les plus populaires se serait dopé dans le Tour 1998, celui de « l’affaire Festina », qu’il avait quitté officiellement parce qu’il ne supportait plus le climat de suspicion régnant sur l’épreuve…
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