[scald=27985:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La présidente du Front national, Marine Le Pen, a accusé la gauche de se livrer à une "récupération politicienne" des attaques qui ont fait 77 morts en Norvège le 22 juillet en s'en prenant à sa formation.

Dans un communiqué, elle ne fait aucune allusion aux propos controversés tenus vendredi par son père Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du parti, indiquant seulement que "la position du Front National sur le drame d'Oslo a été exprimée de manière très claire dès les premières heures".

Pour Marine Le Pen, "depuis les premières heures qui ont suivi le drame d'Oslo, plusieurs partis de gauche et associations affiliées surfent de manière particulièrement indigne et cynique sur cette tragédie pour tenter d'en tirer un détestable profit politique".

"Ils font fi des drames humains pour tomber dans la récupération politicienne", ajoute-t-elle en les accusant de vouloir "salir le seul mouvement politique qui apporte des solutions aux problèmes des Français et une vision pour la France."

Jean-Marie Le Pen avait déclaré vendredi que la "naïveté" du gouvernement norvégien, coupable à ses yeux de ne pas prendre la mesure des dangers de l'immigration et du terrorisme, était "plus grave" que "l'accident d'un individu qui, sous l'effet d'une folie, fût-elle passagère, se met à massacrer ses concitoyens"..

L'auteur présumé de l'attentat à la bombe d'Oslo et de la tuerie de l'île d'Utoya, qui a été arrêté, est proche des milieux chrétiens d'extrême droite.

Dimanche dernier, Marine Le Pen avait "condamné ces actes barbares et lâches" et exprimé "sa totale solidarité avec le peuple norvégien". Un militant du FN qui s'est affranchi de cette ligne sur son blog a été aussitôt suspendu.

Les propos de Jean-Marie Le Pen ont suscité de nombreuses réactions à gauche, le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, dénonçant dimanche des déclarations qui "salissent la mémoire des victimes et des blessés d'Oslo et d'Utoya".

"Ce multirécidiviste du détail et de la haine révèle, s'il en était besoin, la gigantesque opération de manipulation baptisée 'dédiabolisation' à laquelle se livre le FN depuis plusieurs mois", a-t-elle ajouté en déplorant qu'"aucune voix au sein de l'UMP n'ait jugé utile de dénoncer de tels propos".

En fin d'après-midi, Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP, a demandé au Front national de "sortir d'un faux double langage".

"Les Français doivent pouvoir connaître la réalité des fondements idéologiques du FN, cette réalité étant clairement incarnée par son fondateur", a-t-elle dit dans un communiqué.

Yann Le Guernigou, édité par Philippe Bas-Rabérin

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