La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes développe de nouveaux outils. Objectif notamment : repérer les commerçants ou entreprises qui utilisent des officines pour se créer des avis positifs ou dénigrer leurs rivaux sur le web.

La DGCCR a notamment recours à l'intelligence artificielle pour traquer les faux avis.
La DGCCR a notamment recours à l'intelligence artificielle pour traquer les faux avis. © Getty / Sam Edwards

De nouvelles méthodes pour faire la chasse aux faux avis sur Internet. Pour traquer les commentaires suspicieusement élogieux ou négatifs, qui pullulent sur le web, les enquêteurs de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) mettent au point des techniques très pointues. De quoi repérer certains commerçants ou entreprises qui utilisent des officines pour se créer des avis positifs, voire pour dénigrer leurs concurrents, et ainsi influencer le consommateur.

Recours à l'intelligence artificielle

Les enquêteurs du gendarme de la concurrence peuvent ainsi désormais faire appel à l'intelligence artificielle, (le text mining, "fouille de textes" en français). "Il faut absolument qu'on lutte contre ça si on veut que les gens aient confiance, si on veut que les entreprises sérieuses fonctionnent bien", alerte Virginie Beaumeunier, directrice de la DGCCRF : "On va chercher des données sur Internet. On a des critères qui nous permettent de repérer ces faux avis de manière plus rapide." Un procédé tenu secret.

Pour signaler les dérapages, depuis janvier, les enquêteurs du gendarmes de la concurrence peuvent aussi s'appuyer sur l'application "Signal Conso". Expérimentée dans trois régions en 2019, elle a été généralisée début 2020. 22.000 signalements de consommateurs témoins d'un dysfonctionnement ont été reçus. 

Un autre outil pour traquer les clauses et pratiques abusives

Un autre outil, développé avec l’INRIA, l’Institut de de recherche en sciences et technologies du numériques, pourra lui permettre aux enquêteurs de traquer les clauses et les pratiques abusives. "Dans les contrats, les factures, les devis..." égrène Virginie Beaumeunier : "cela nous permettra de repérer ceux qui sont abusifs. On fera des croisements, et après on pourra mieux cibler nos contrôles."

Ce dernier outil a pris un peu de retard à cause de l'épidémie de coronavirus, et sera prêt d’ici 2021. L'an dernier, presque 100.000 entreprises et 15.000 sites internet ont été contrôlés par la DGCCRF.

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