Ce vendredi, le gouvernement a dévoilé un ensemble de mesures pour "verdir" la mobilité des Français et lutter contre la pollution. Les collectivités seront mises à contribution notamment pour la mise en place de nouvelles zones de restriction. En revanche, le "plan vélo", n'arrivera que dans plusieurs semaines.

Les zones à faibles émissions, qui utilisent les vignettes Crit'Air, devraient être étendues d'ici 2020
Les zones à faibles émissions, qui utilisent les vignettes Crit'Air, devraient être étendues d'ici 2020 © AFP / GARO / Phanie

En France, le transport est la première source d'émissions de gaz à effet de serre, au point que le pays a été traîné en justice par Bruxelles pour la mauvaise qualité de l'air des 14 zones, surtout urbaines. Alors que, selon la ministre des Transports Elisabeth Borne, "les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports n'ont pas baissé en 2017", le gouvernement a présenté ce vendredi un ensemble de mesures en faveur de la "mobilité propre". 

L'objectif : rendre les déplacements des Français plus verts, en renforçant plusieurs dispositifs existants. Ce sera par exemple le cas du bonus/malus à l'achat d'un véhicule neuf en fonction de ses émissions de CO2, les aides à l'installation de bornes de recharge électriques, ou encore des soutiens à l'achat de poids lourds plus respectueux de l'environnement. 

Vers un développement des zones à faibles émissions

Mais c'est surtout dans un travail de concertation avec les collectivités que le gouvernement entend faire avancer les choses : le gouvernement souhaite conclure des engagements avec les 14 zones où la pollution de l'air est la plus importante (parmi lesquelles figurent Marseille-Aix, Nice, Lyon ou Strasbourg), pour que d'ici 2020, elles mettent en place des zones à faibles émissions (ZFE). 

A l'heure actuelle, sur les 220 villes qui ont mis en place ce genre de zones, il n'y en a que deux en France : Paris et Grenoble, qui utilisent la vignette Crit'air. Selon Nicolas Hulot, "il ne faut pas imposer un canevas depuis Paris : c'est bien aux élus de définir le périmètre de ces zones, les catégories de véhicules autorisés à circuler, et les plages horaires de ces restrictions". 

Parmi les autres mesures que le gouvernement encouragera auprès des collectivités, la mise en place de voies routières réservées au covoiturage, comme celle expérimentée sur l'A86 dans les Hauts-de-Seine. 

"Ce plan mobilité était très attendu parce qu'il y a urgence sur la pollution de l'air et le changement climatique, et jusqu'à maintenant les politiques ont été loin d'être suffisantes. A nos yeux, ce plan pose une première pierre, notamment sur les ZFE, mais n'est toujours pas suffisant", déplore Loreleï Limousin, du Réseau Action Climat, invitée du journal de 13h de France Inter. 

Pas de plan vélo

"Il y a de grandes insuffisances sur le développement des alternatives de transports, notamment sur un soutien financier au développement du vélo", ajoute-t-elle, ou sur le transport routier de marchandises : "Tant qu'on n'aura pas remis en cause l'avantage fiscal du poids lourd sur les autres modes de transport comme le ferroviaire, on n'envoie pas les bons signaux". 

En effet, alors que de nombreuses ONG, et plusieurs dizaines de députés, attendaient un plan dédié au vélo, celui-ci ne fait pas partie des mesures présentées ce vendredi. Le ministère indique qu'il sera présenté à la rentrée. Mais pour Pierre Cannet, du WWF, "on ne peut pas attendre tout l'été, on a besoin de savoir où les ministres mettent le curseur en matière de vélo". 

"Evidemment nous sommes déçus, ce n'est pas le premier report de ces annonces sur le vélo. A la rentrée, ce sera vraiment le moment de vérité, parce qu'on sera en pleine préparation du projets de loi de finances. _On attend notamment la mise en place d'un fonds vélo_, ou d'une obligation de remboursement des trajets domicile-travail qui sont faits à vélo", affirme Loreleï Limousin. 

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