[scald=107443:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Plusieurs membres du gouvernement ont estimé vendredi qu'il fallait tirer les leçons de l'affaire Mohamed Merah, qui suscite des interrogations sur l'efficacité des services de renseignement dans la surveillance du tueur.

L'auteur des sept meurtres commis dans le sud de la France, tué jeudi lors d'une opération du Raid à son domicile toulousain, était connu de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), qui l'avait entendu en novembre 2011 au retour d'un voyage au Pakistan.

Interrogé sur d'éventuels manquements dans le contrôle des Français séjournant dans la région pakistano-afghane au sein de cellules djihadistes, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait estimé jeudi qu'il n'y avait aucune faille de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Vendredi, François Fillon a salué le travail de la DCRI, affirmant qu'elle ne disposait d'aucun élément permettant d'appréhender Mohamed Merah avant le passage à l'acte, tout en reconnaissant que des questions pouvaient toutefois se poser.

"Les questions qui se posent et qu'il est naturel de poser, c'est d'abord la question de la surveillance de Mohamed Merah. La DCRI a parfaitement fait son travail", a estimé le Premier ministre au micro de RTL.

Il a également appelé à tirer des enseignements des événements de Toulouse sur le fonctionnement des services, la coordination et l'organisation, estimant qu'il y avait "toujours des choses à améliorer."

Une position partagée par Jean-François Copé, qui a jugé légitimes les demandes et questions soulevées par cette affaire tout en mettant en garde contre les "procès d'intention".

"A titre personnel, je n'ai pas de doute sur tout cela mais je comprends parfaitement que tel ou tel veuille en savoir plus et il est tout à fait légitime qu'il y ait transparence sur les conditions dans lesquelles nos services sont intervenus", a indiqué le secrétaire général de l'UMP sur BFM-TV RMC.

REGRETS

"De manière générale, il n'y a pas de raison de laisser des zones d'ombre ou d'incertitude. Rien n'empêche aux uns et aux autres de faire leurs investigations. Je demande juste qu'ils ne fassent pas de procès d'intention."

A un mois de l'élection présidentielle, plusieurs responsables politiques, dont le centriste François Bayrou, des membres du PS et la candidate de Front national Marine Le Pen ont émis des critiques sur l'efficacité de la DCRI pour ne pas avoir réussi à mettre hors d'état de nuire Mohamed Merah avant son passage à l'acte.

"Face à un événement de cette importance, il y a un devoir absolu, c'est d'en tirer le maximum de leçons, chacun dans sa sphère de responsabilités", a reconnu Gérard Longuet sur LCI, fustigeant au passage "les donneurs de leçons".

Le ministre de la Défense a également fait part de ses regrets concernant le premier meurtre d'un militaire commis à Toulouse le 11 mars.

"Je m'en veux de ne pas avoir appelé le chef de corps au lendemain de l'assassinat", a dit Gérard Longuet. "Il m'aurait dit: c'est un garçon bien, c'est une famille bien, c'est incompréhensible (...) Je crois qu'on aurait peut-être gagné du temps", a-t-il dit.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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