Le réseau social a annoncé, mardi 21 août, avoir mis fin à des opérations de manipulation de grande envergure provenant d’Iran et de Russie. Il supprime plus de 600 pages, faux comptes et groupes qualifiés d'"inauthentiques". Et l’électorat américain n’est désormais plus le seul pris pour cible.

Le réseau social a fermé 652 pages, faux comptes et autres groupes qui essayaient de semer la désinformation parmi les internautes.
Le réseau social a fermé 652 pages, faux comptes et autres groupes qui essayaient de semer la désinformation parmi les internautes. © AFP / CHRISTOPHE GATEAU

Facebook a fermé 652 pages, faux comptes et autres groupes qui essayaient de distiller la désinformation parmi les internautes. Ces activités, qualifiées d'"inauthentiques" par le géant américain, seraient nées en Iran et en Russie. "Il s'agissait de campagnes distinctes et nous n’avons identifié aucun lien ou coordination entre elles", souligne Facebook sur son blog. Le 31 juillet dernier, Marck Zuckerberg, PDG de Facebook, avait déjà annoncé la fermeture de plusieurs comptes après avoir identifié des manœuvres destinées à déstabiliser l'opinion américaine avant le scrutin de mi-mandat qui aura lieu en novembre, aux États-Unis.

Cette fois-ci les informations diffusées sur les pages et comptes qui ont été supprimés n’étaient pas spécifiquement destinées à perturber l’électorat américain. FireEye, l’entreprise de cybersécurité qui a collaboré avec Facebook, explique que ces opérations "vont bien au-delà des audiences américaines et de la politique américaine".

En effet, le contenu de ces pages et groupes Facebook était davantage destiné à des internautes du Proche-Orient, d’Amérique Latine ou encore du Royaume-Uni. Mais tout de même, à l’approche des élections de mi-mandat, les autorités américaines ont indiqué que du côté de la Russie des opérations d’ingérence auraient repris de plus belle

Contenu diffusé sur les pages qualifiées d'"inauthentiques" et récupéré par Facebook.
Contenu diffusé sur les pages qualifiées d'"inauthentiques" et récupéré par Facebook. / Capture d'écran newsroom.fb.com
Contenu diffusé sur les pages qualifiées d'"inauthentiques" et récupéré par Facebook.
Contenu diffusé sur les pages qualifiées d'"inauthentiques" et récupéré par Facebook. / Capture d'écran newsroom.fb.com

Mark Warner, sénateur démocrate de Virginie, a déclaré dans un communiqué : 

Le problème de la manipulation des médias sociaux ne se limite en aucun cas à une seule ferme de trolls à Saint-Pétersbourg, et cela ne fait aucun doute.

Contenu diffusé sur les pages qualifiées d'"inauthentiques" et récupéré par Facebook.
Contenu diffusé sur les pages qualifiées d'"inauthentiques" et récupéré par Facebook. / Capture d'écran newsroom.fb.com

Outre la fermeture de pages liées à l’Iran, le réseau social explique également avoir continué à clore des pages susceptibles d’être "liées à des sources, identifiées au préalable par le gouvernement américain, comme pilotées par les services secrets de renseignements militaires russes." Le contenu de ces pages concernait essentiellement l’Ukraine et la Syrie.

Dans la foulée, Twitter et YouTube ont également fait le ménage. Le premier a indiqué qu’il avait supprimé 248 comptes. "Beaucoup proviendraient d’Iran", a précisé l’oiseau bleu. La plateforme de diffusion de contenu vidéo a, quant à elle, confirmé la suppression de la chaîne Liberty Front Press, un site web lié à certains faux comptes identifiés par Facebook. 

> POUR ALLER PLUS LOIN | Lire "De faux comptes créés en Russie sur Facebook pour influencer l'élection américaine" sur Liberation.fr 

Cyber attaque, Facebook conte attaque

Le sénateur républicain de Caroline du Nord Richard Burr, également président de la commission sénatoriale du renseignement, a souligné que "le but de ces campagnes étrangères sur les réseaux sociaux est de semer la discorde. La Russie n’est pas le seul acteur étranger hostile à développer ces capacités. Pour faire face à ces menaces, les entreprises technologiques, les forces de l’ordre, le Congrès et la communauté du renseignement doivent travailler ensemble".

Facebook reconnaît sur son blog que lorsqu’une cybermenace est découverte, les équipes de sécurité sont confrontées à une décision difficile. "Quand agir ? s’interroge le groupe sur son blog. Est-ce que nous arrêtons immédiatement une campagne pour prévenir les préjudices ? Ou passons-nous du temps à étudier l’étendue de l’attaque, et qui se trouve derrière, afin de les empêcher de recommencer à faire de mauvaises choses à l’avenir ?" 

Cette annonce de nouvelle vague de fermeture est intervenue le lendemain de révélations du géant informatique Microsoft sur l’étendue des opérations d’ingérence du gouvernement russe aux États-Unis. Microsoft accuse, en effet, des pirates informatiques russes, au service du Kremlin, d’avoir visé les sites internet de centres de réflexion conservateurs américains. 

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