À l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, le magazine Marie-Claire lance une campagne pour réclamer l'allongement du congé paternité. Actuellement de 11 jours, le magazine aimerait le voir porté à quatre semaines pour renforcer l'égalité femme-homme sur la parentalité.

Le magazine Marie-Claire propose que le congé parentalité soit allongé à quatre semaines.
Le magazine Marie-Claire propose que le congé parentalité soit allongé à quatre semaines. © Maxppp / Frédéric Cirou

L'égalité femme-homme passe aussi par le congé paternité. C'est le postulat du magazine Marie-Claire qui lance une campagne pour demander son allongement, à l'occasion de la journée internationale du droit des femmes. Actuellement, le congé paternité est de onze jours. Trois jours supplémentaires de "congé de naissance" peuvent s'ajouter pour les salariés, ce qui porte le maximum autorisé à 14 jours. 

Alors en quoi augmenter le congé paternité bénéficie-t-il aux femmes ? Selon Marie-Claire, il est très difficile pour un nouveau père de s'impliquer après l'arrivée d'un enfant dans le ménage s'il ne dispose que de 14 jours de congés, alors que le plus souvent, l'arrivée d'un enfant signifie une pause dans la carrière d'une femme. C'est donc sur elle que reposerait presque entièrement la charge mentale parentale. 

Pour porter cette revendication, le magazine s'est associé avec douze hommes, tous pères. Parmi eux, les journalistes Marc-Olivier Fogiel et Julian Bugier, le musicien Oxmo Puccino, ou encore le député PS Boris Vallaud. 

Partager la parentalité

Un congé paternité de quatre semaines, une durée qui ne sort pas de nulle part. "C'est ce que préconise le rapport de l'IGAS remis au mois de septembre 2018 au gouvernement, explique Marianne Mairesse, la rédactrice en chef de Marie-Claire. Quatre semaines, c'est un minimum. Ce n'est ni un luxe ni une lubie, mais une façon de partager la parentalité. Aujourd'hui, la responsabilité de l'enfant incombe pratiquement en totalité aux femmes. Le père, lui, a toujours le choix d'être disponible ou pas, de s'en occuper ou non. Or nous pensons que les deux sont nécessaires à l'enfant."

La secrétaire d'État à l'égalité femme-homme, Marlène Schiappa, s'est dite favorable à cette évolution. "Allons-y alors, renchérit Marianne Mairesse. Ce n'est pas une question d'argent, c'est de savoir quelle société nous voulons pour nos enfants. Je pense qu'un enfant a besoin de son père et de sa mère. Il faut décharger les femmes du souci domestique."

Les hommes également demandeurs ?

Allonger le congé paternité permettrait aussi d'améliorer l'égalité femme-homme face au risque professionnel. "Aujourd'hui, la femme est pénalisée par le fait d'avoir des enfants. D'abord par le congé maternité, mais aussi comme la charge lui incombe seule, par rapport aux horaires, sans compter les salaires et les retraites."

Mais les hommes veulent-ils seulement prendre ce congé paternité ? Pour Marianne Mairesse, c'est une évidence. "Je pense que beaucoup aimeraient prendre ce congé mais ne s'y sentent pas autorisés car le regard de la société ne considère pas que c'est une nécessité pour un homme d'être auprès de son enfant."

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