Le corps de la fillette sera finalement inhumé dans une ville voisine, Wissous.
Le corps de la fillette sera finalement inhumé dans une ville voisine, Wissous. © IP3 PRESS/MAXPPP / Vincent Isore

Alors que l'indignation est sur toutes les lèvres, Christian Leclerc nie s'être opposé à l'enterrement de Maria Francesca. Les parents de la petite fille, décédée à l’âge de deux mois, voulaient qu'elle repose dans le cimetière de Champlan, dans l’Essonne.

Christian Leclerc, maire divers droite de la petite commune de Champlan sort de son silence et nie tout en bloc. "A aucun moment, je ne me suis opposé à cette inhumation. La mayonnaise a été montée ", explique-t-il. "On avait le choix (pour l'enterrement) entre Corbeil et Champlan. J'ai dit OK mercredi matin pour l'un ou l'autre des scénarios. J'ai un SMS qui en atteste ."

Une réaction qui intervient après que Jacques Toubon, le défenseur des droits, a affirmé qu'il n'excluait pas se saisir du dossier, ce dimanche matin sur France inter.

Sur un plan humain, je suis bouleversé. Malheureusement, aujourd'hui, il y a encore beaucoup de personnes qui sont pas égales aux autres en matière de sépulture. Il est clair qu'il y a dans cette affaire des questions de droits.

Le premier ministre Manuel Valls a réagi à cette polémique ce dimanche après-midi, sur les réseaux sociaux.

La famille de Maria Francesca vit à Champlan dans un bidonville. C'est là que sa mère l'a retrouvée inanimée dans la nuit du 25 au 26 décembre. La fillette de deux mois et demie a ensuite été transportée à l’hôpital de Corbeil-Essonne par les secours. Les médecins lui expliqueront que sa fille a été victime de la mort subite du nourrisson.

C’est donc au maire de Champlan qu’elle s’adresse pour demander l’autorisation d’inhumer le corps. Un défunt peut être enterré dans la commune où il habitait, dans celle ou il est mort, ou là où se trouve un caveau de famille.

Une décision décriée

La petite fille sera finalement mise en terre à Wissous, à une petite dizaine de kilomètres de là. Une cérémonie est également organisée lundi à 11h à l’église de Massy, une autre ville voisine. Le maire UMP de Wissous, Richard Trinquier, s’est mobilisé quand il a appris le blocage. Il répond à Sandy Dauphin.

C’est indigne d’un représentant de la République. On ne peut pas refuser une sépulture. Quelle que soit l’opinion que peut avoir des Roms, c’est avant tout des êtres humains que l’on doit respecter, qui sont respectables.

Loïc Gandais, le président de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms voit dans cette décision du maire de Champlan "du racisme, de la xénophobie et de la stigmatisation" . En guise d'explication, le maire de Champlan évoque "une erreur de compréhension dans la chaîne de décision" . Il se dit aussi "laminé" par "l'ampleur" prise par l'affaire.

Actuellement à Nice, il n'a pas prévu d'assister aux obsèques. Mais il a envoyé un message de condoléances et d'excuses à la famille, via un communiqué dans la soirée, dans lequel il dit même souhaiter que l'inhumation de la petite fille "puisse avoir lieu dans la commune de Champlan" .

Trop tard : l'indignation a enflé tout le week-end, de la part d'élus et d'associations, même après ses premières dénégations.

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