La Fondation Abbé Pierre présente ce mardi son rapport annuel, qui fait état de 4 millions de mal-logés, dont près de 900 000 personnes sans domicile personnel. La situation continue de s'aggraver, et si les ménages en situation de confort insuffisant sont moins nombreux, la surpopulation et le froid progressent.

Ici, un appartement loué par un marchand de sommeil, dénoncé par l'association Droit au logement
Ici, un appartement loué par un marchand de sommeil, dénoncé par l'association Droit au logement © AFP / Joël Saget

Le mal logement continue de progresser, petit à petit : c'est ce que souligne le rapport 2018 de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement, présenté ce mardi. Au total, selon des estimations basées sur la dernière Enquête nationale sur le logement (ENL), menée en 2013 mais dont les résultats commencent seulement à être publiés, quatre millions de personnes en France subissent le mal-logement. 

La surpopulation de plus en plus inquiétante

Cette situation de mal-logement, contrairement à la croyance habituelle, ne concerne pas que les personnes sans abri ou sans domicile : ces personnes-là sont "seulement" 143 000, auxquelles faut ajouter 643 000 personnes hébergées chez des tiers parce qu'elles n'ont aucun autre choix. Parmi elles, on compte notamment 339 000 personnes de plus de 25 ans qui se sont retrouvées contraintes de retourner vivre chez ses parents. Cette privation de logement personnel a bondi de 50% environ entre 2001 et 2012, selon l'association, qui dénonce un "enracinement" de ce mal-logement. 

Parmi les mal-logés, on trouve aussi un peu plus de deux millions de personnes qui vivent dans des conditions de logement difficiles, et 934 000 personnes qui vivent en surpopulation "accentuée", un terme que la fondation définit dans son rapport comme "lorsqu'il leur manque deux pièces par rapport à la norme de peuplement". 

Plus de confort, mais plus de froid

Globalement le rapport note toutefois que l'absence de confort sanitaire de base est en net recul (avec -41% entre 2006 et 2013). Les personnes qui vivent sans eau courante ni toilettes intérieures ni douche. Ces logements ne représentent plus que 0,7% du parc immobilier, note le rapport. Le problème majeur vient du surpeuplement accentué, qui a augmenté de 17% entre 2006 et 2013, et surtout d'un phénomène surveillé par la fondation depuis l'an dernier : la "précarité énergétique", qui rend difficile le fait de se chauffer chez soi. 

Et dans ce domaine, les chiffres ont explosé : en moins de vingt ans (sur la période 2006-2013), le taux de personnes qui ont déclaré avoir eu froid chez eux dans l'année est passé de 10,9% des ménages à 18,8%, soit une hausse de 72%. Ainsi, en 2013, 11 026 000 personnes se sont plaint d'avoir du froid. Et parmi elles, 3 388 000 personnes disent clairement que cela est lié à leur situation de précarité financière. 

Il faut ajouter à ces quatre millions de mal-logés pas moins de 12 millions de personnes qui sont dans des conditions, plus floues, de "fragilité" face au logement. 

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