le mediator pourrait avoir fait 1.800 morts
le mediator pourrait avoir fait 1.800 morts © reuters

Une expertise judiciaire rendue publique ce matin estime que le Médiator pourrait faire jusqu'à 1.800 morts et valide les précédentes études sur le sujet.

Ce médicament, qui a été retiré du marché en 2010, après plus de vingt ans de commercialisation, provoque des valvulopathies et de l'hypertension artérielle pulmonaire, selon plusieurs études.

Les laboratoires Servier, qui ont commercialisé le Mediator, sont en outre soupçonnés d'avoir dissimulé la vraie nature du médicament, un coupe-faim présenté comme antidiabétique. Les experts estiment par ailleurs que "l'absence d'information lisible" sur la propriété coupe-faim du Mediator n'a pas permis aux médecins d'exercer une surveillance adéquate des patients sur le plan cardio-vasculaire et pulmonaire.

Ces experts ont travaillé pendant 20 mois sur le sujet, se fondant tant sur des études existantes que non publiées, mais aussi sur les auditions de chercheurs ayant travaillé pour les laboratoires Servier.

Les parties auront désormais deux mois pour faire valoir leurs observations sur cette étude. Les juges d'instruction doivent terminer leur enquête au cours de l'été pour un règlement à l'automne.

A ce jour, 3.300 personnes sont plaignantes dans le cadre de ce dossier. Une autre information judiciaire a été ouverte dans le cadre de l'affaire pour homicides involontaires et blessures involontaires.

Les explications de Corinne Audouin

« Il y a toujours des victimes du Mediator en danger »

Pour le docteur Irène Frachon, à l’origine du scandale du Mediator, cette expertise "confirme point par point tout ce que nous avançons comme preuve à la fois de la tromperie et du drame depuis maintenant trois ans".

L'expertise judiciaire va même au delà de ce que l'on redoutait en terme de décès, ce qui révolte Irène Frachon __

« Que les gens meurent, ça les indiffère. Moi je ne respire plus »

Michèle, est l’une des victimes du Mediator. Elle a été traitée avec ce médicament de 2007 à 2009. Elle ne s'attendait pas à de tels chiffres de mortalité.

Michèle est interrogée par Danielle Messager

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