Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky a racheté près de la moitié des parts de Matthieu Pigasse dans Le Monde. Pour Natacha Polony, qu'il a mis à la tête de l'hebdomadaire Marianne, c'est un actionnaire comme les autres, voir plus indépendants que les autres...

Natacha Polony a été mise à la tête de l'hebdomadaire Marianne par Daniel Kretinsky
Natacha Polony a été mise à la tête de l'hebdomadaire Marianne par Daniel Kretinsky © AFP / Valery HACHE

On en parlait depuis plusieurs jours, Matthieu Pigasse l'a confirmé jeudi matin : le banquier a vendu près de la moitié des parts qu'il détient dans la holding "Le nouveau monde" (contrôle à parité avec Xavier Niel, fondateur de Free, et d'autres investisseurs) à l'homme d'affaires Tchèque Daniel Kretinsky et à son groupe de médias Czech Media Invest (CMI).   

Czech Media Invest est également en train d'avaler une série de grands magazines du groupe Lagardère, dont Elle et Télé 7 Jours.

Son premier achat en France a été celui l'hebdomadaire Marianne à la tête duquel Daniel Kretinsky a placé Natacha Polony. Pour la journaliste, que le propriétaire soit étranger ou qu'il commerce dans le domaine du gaz et du charbon n'est vraiment pas un problème, au contraire. "C'est quelqu'un qui a fait fortune dans l'énergie, mais la plupart des journaux et des médias en France sont détenus par des milliardaires, explique Natacha Polony. En quoi un milliardaire tchèque serait-il forcément plus problématique que des milliardaires français qui sont dans des secteurs qui aujourd'hui ont des liens, des contrats avec l'État  ?"

La journaliste dépeint Daniel Kretinsky comme "quelqu'un d'intelligent, curieux d'esprit, qui visiblement s'intéresse très sincèrement au monde des médias, qui a envie de comprendre, de connaitre" et dont le "grand combat" ce sont "les questions de souveraineté numérique, c'est-à-dire la façon dont les pays européens peuvent éviter d'être dépendants des GAFAM."

Invité du journal de 13h, Paul Benkimoun, président de la société des rédacteurs du Monde a expliqué que les journalistes voulaient faire leur métier et "investiguer" au lieu de faire dans "le délit de sale gueule". Les informations recueilles jusqu'ici sur Daniel Kretinsky le dépeignent, selon Paul Benkimoun comme un propriétaire "sourcilleux sur tout ce qui est financier et coûts, mais pas interventionniste auprès des rédactions". 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.