1911 mètres d’altitude, 95 millions d’années, 25 kilomètres de long sur 15 de large : le « Géant de Provence » fait partie de l’histoire du Tour. Zoom sur le Mont Ventoux.

1906 Course de côte

Excroissance gigantesque au milieu de la plaine provençale, le Ventoux a naturellement toujours excité l’esprit de compétition des hommes. Pourtant, la première montée chronométrée à bicyclette n’a eu lieu qu’en 1908.Une course de côte était déjà organisée pour les motocyclettes et les automobiles depuis 1902. Des manifestations qui attiraient un public nombreux et enthousiaste sur le bord de la première route, mise en service en 1885.

Spectateurs au Mont Ventoux en 1906
Spectateurs au Mont Ventoux en 1906 © Gallica BNF

1957 «Dieu du Mal, auquel il faut sacrifier »

En 1957, Roland Barthes classe le Tour de France au rang de ses Mythologies. Et le Ventoux fait partie des dieux de cette mythologie là. Un dieu maléfique et injuste.Du coup, il n’y a que deux manières d’en triompher : être aidé par un autre dieu, encore plus puissant. Ou être encore plus maléfique que lui, être un diable du cyclisme.

Le Ventoux, lui, a la plénitude du mont, c'est un Dieu du Mal, auquel il faut sacrifier. véritable Moloch, despote des cyclistes, il ne pardonne jamais aux faibles, se fait payer un tributinjuste de souffrances. Physiquement, le Ventoux est affreux : chauve (atteint de séborrhée sèche, dit l'Equipe), il est l'esprit même du Sec ; son climat absolu (il est bien plus une essence de climat qu'un espace géographique) en fait un terrain damné, un lieu d'épreuve pour le héros, quelque chose comme un enfer supérieur où le cycliste définira la vérité de son salut : il vaincra le dragon, soit avec l'aide d'un dieu (Gaul, ami de Phoebus), soit par pur prométhéisme, opposant àce dieu du Mal, un démon encore plus dur (Bobet, Satan de la bicyclette)

"Mythologies" de Roland Barthes (Seuil, 1957)

L'ascension qui fait peur

Le Tour est souvent (14 fois, dont 8 arrivées au sommet) passé par le Mont Ventoux : il s’y est toujours passé quelque chose. Cette année, l’arrivée de la prestigieuse étape du 14 juillet sera également jugée au sommet.Et les géants de la route l’abordent toujours avec une once d’appréhension, et des tonnes de respect, comme en témoigne Raymond Poulidor qui s’y est pourtant illustré, notamment en y triomphant en 1965.

Duel au soleil en 2000:

Duel au soleil en 2000 : Marco Pantani est déjà un grimpeur génial. Lance Armstrong a déjà gagné un Tour. L’Américain est en jaune à l’aube de la 12ème étape. Il n’a pas grand-chose à craindre de l’Italien, mais il veut absolument montrer sa supériorité.Entre Carpentras et le sommet du Ventoux, il y a 149 kilomètres, et « Le Pirate » a déclenché l’offensive dés les premiers lacets de l’ascension. Armstrong, d’abord lâché, va placer une incroyable accélération pour le recoller. Et si Pantani finit par s’imposer, c’est juste parce que le Texan , sa démonstration de force accomplie va se contenter d’arriver dans sa roue.

Géant contre géants

A travers les âges du Tour, la victoire au sommet du Ventoux n’est revenue qu’à des grands coureurs ou à tout le moins des grimpeurs de grande classe. Par ordre d’apparition au sommet on trouve donc Chalry Gaul, Raymond Poulidor, Eddy Merckx, Bernard Thévenet, Jean-François Bernard, Marco Pantani, Poulidor, Richard Virenque et Jean-Manuel Gerate.

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