Evidemment, c'est du latin. Bonus, bona, bonum. Bonus est un adjectif masculin qui signifie à l'origine "ce qui est bon"... Et ce qui est bon ne fait pas de mal, c'est bien connu...On pouvait l'utiliser pour les qualités physiques. Un homme beau, un homme grand: on le qualifiait de "bonus"... On l'utilisait également pour les qualités de cœur. Un homme honnête, loyal et brave: on le qualifiait de "bonus"... Beau, grand, honnête, loyal et brave... tout le portrait du trader ! "Bonus", traduction: "gentleman", disent d'ailleurs les dictionnaires latin-anglais. Voilà qui explique peut-être les réticences des Britanniques et des Américains à limiter le "bonus" des banquiers... On ne va pas tout de même pas chercher des noises à un gentleman – même s’il y a parfois des gentlemen cambrioleurs..."Bonus": ce qui est bon: ça, c'était donc le sens premier, mais le mot a depuis quelque peu évolué. L'adjectif est devenu un nom. Et le sens, désormais, c'est prime. Le "bonus", aujourd'hui, c'est quelque chose que l'on ajoute, c'est quelque chose qui améliore. Le bonus est un truc en plus ! C'est le cadeau Bonux en fait. Sauf que maintenant, ce n'est pas seulement dans la lessive qu'on en trouve, des "boni"... Oui, au pluriel, normalement, c'est "boni". Un "bonus", des "boni". Mais bon, tout le monde dit "des bonus" donc disons "des bonus"...Et donc on en trouve également dans la presse notamment, des "bonus" ! Vous achetez un magazine, un mensuel, un hebdo et parfois on vous offre avec un livre, un CD ou un DVD... c'est bonus ! Et dans les DVD eux-mêmes, il y a des "bonus": le making-off du film, quelques scènes inédites, le bêtisier du tournage... c'est bonus ! Et là, je comprends les Américains: on ne va tout de même pas limiter ou mieux encadrer les bêtisiers, c'est pas drôle !Bien sûr, vous allez me dire que ce n'est pas le sujet: ce que les Européens veulent limiter et mieux encadrer, ce sont plutôt les bêtises des traders. Et leurs "bonus", donc. Des gentlemen se font des fortunes pendant que le système s'effondre...Le bonus, au départ, c'était "ce qui est bon". La finance en a fait "ce qui est bon... pour les traders" ! Le bonus, pour eux, c'est un mieux. On dit que le mieux est l'ennemi du bien... Le mieux des traders ennemi de l'intérêt général... C'est en tout cas l'avis des dirigeants européens. "Pas de bonus sans malus", a promis notre président...Le malus étant tout simplement l'inverse du bonus. Le bonus est une prime, le malus est une pénalité financière - ça, c'est le sens actuel. Mais en latin, malus, ça veut dire autre chose : c'est notamment le nom scientifique... du pommier.Chronique (Le dernier mot) du 04/09/09 dans "Et pourtant elle tourne"

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