Des manifestants seront de nouveau dans les rues, ce dimanche, pour célébrer un mouvement né le samedi 17 novembre. Parmi eux Priscillia Ludosky, l'une des figures du mouvement. Elle avait été à l'origine d'une pétition pour une baisse du prix des carburants qui a réuni plus d'un million de signatures

Le mouvement des "gilets jaunes" a trois mois"
Le mouvement des "gilets jaunes" a trois mois" © AFP / Eric FEFERBERG

La mobilisation des "gilets jaunes" s'est poursuivie samedi dans plusieurs villes pour un acte XIV à nouveau en recul par rapport à la semaine précédente. Le ministère de l'Intérieur a dénombré 4 1500 manifestants en France dont 5 000 à Paris. 

"C'est pas la fin, ce sera la fin quand Macron nous aura entendus. Qu'il nous aura rendu la démocratie", a déclaré à l'AFP Jérôme Rodrigues, devenu un symbole des violences policières depuis qu'il a perdu un œil fin janvier place de la Bastille. 

Des "gilets jaunes" mobilisés pour le 3e mois du mouvement 

Ce dimanche, certains manifestants de la région parisienne seront de nouveau dans les rues pour célébrer un mouvement né, en quelque sorte, le samedi 17 novembre, lors de la première journée de blocages qui avait rassemblé près de 290 000 manifestants arborant un gilet jaune fluorescent.

À Paris, le rendez-vous est donné à la mi-journée à l'Arc de Triomphe pour un parcours jusqu'au Champs de Mars.

À Saint-Denis, une marche est organisée par le collectif Adama et les gilets jaunes du 94. Priscillia Ludosky, l'une des figures des "gilets jaunes", y sera. Elle continuera, dit-elle, à être mobilisée tant que le gouvernement ne répondra pas à ce qu'elle considère être les vrais problèmes.

Une deuxième pétition

Depuis sa pétition en ligne qui a recueilli plus de 1,2 millions de signatures, et la réponse d'Emmanuel Macron à celle-ci, elle réclame toujours "une baisse sérieuse de toutes les taxes et impôts sur les produits de première nécessité". L'autoentrepreneuse de Seine-et-Marne de 33 ans, a d'ailleurs lancé une deuxième pétition centrée autour de trois revendications: "la baisse des taxes sur les produits de première nécessité, la mise en place du référendum d'initiative citoyenne, la baisse des rentes et des salaires des hauts fonctionnaires et des élus".  

Trois sujets issus de consultations menées au sein du mouvement, et sur lesquels elle avait réclamé "l'organisation d'un référendum" lors de rencontres avec des membres du gouvernement. "Ils ne veulent pas se saisir du référendum, ils ne veulent pas aborder les sujets qui ne les arrangent pas", a-t-elle estimé. "C'est important de continuer à se mobiliser pour dire que oui le débat il est là, mais non ce n'est pas ce qu'on a demandé", explique-t-elle.  

Priscillia Ludosky attend également les justificatifs de dépenses des taxes perçues sur le carburant, promises par François de Rugy, ainsi que la liste des projets de création de biocarburants financés par le gouvernement. Sans quoi, elle estime que le mouvement continuera et ce malgré la lassitude de certains Français. "Il n'y a pas de transparence, il y a pas d'honnêteté dit-elle, et donc ça fait qu'alimenter la motivation qu'on a pour essayer d'y arriver. Alors c'est vrai que moi j'étais pas spécialement pour bloquer les citoyens, mais plutôt bloquer des grandes entreprises notamment qui échappent à la fiscalité, mais quoi qu'il en soit on gène toujours quelqu'un. 

Les Français semblent effectivement fatigués des manifestations hebdomadaires. Selon un sondage Ifop* pour le JDD publié ce dimanche, une majorité de Français (52%, +15) estime que les "gilets jaunes" "doivent maintenant cesser leur mouvement et leurs actions (manifestations, blocages etc.)". Ils étaient 37% à penser la même chose un mois plus tôt. À l'inverse, 38% estiment que Les "gilets jaunes" doivent continuer leur mouvement et leurs actions (-14). 10% ne se prononcent pas (-1).  Ceux qui souhaitent le plus que le mouvement continue sont les sympathisants de La France insoumise (69%) et ceux du Rassemblement national (72%). Ils sont aussi majoritaires (62) chez les ouvriers. 

Les consciences s'éveillent mais toutes les consciences ne sont pas encore éveillées."

Pour Priscillia Ludosky, les Français n'ont pas encore tous réalisé qu'ils sont tous concernés par les revendications des "gilets jaunes" : Il faut avoir conscience que nous on est gênés quotidiennement mais de manière implicite, par ce qu'on paie, par ce qu'on nous fait subir et c'est quelque chose auquel on est tellement habitués qu'on ne se rend pas compte, parce que le gouvernement fait bien son travail : il nous isole les uns des autres et on a l'impression que la fiscalité n'a rien à voir avec l'écologie, n'a rien à voir avec la santé, n'a rien à voir avec le travail, alors que tout est lié." 

"Si on ne le comprend pas, ajoute Priscillia Ludosky, on a l'impression qu'on n'est pas concerné alors qu'on est clairement concerné. Donc les gens arrivent à se dire 'mais c'est eux qui nous gênent' alors que c'est nous qui sommes depuis des années méprisés par ces pratiques. Les consciences s'éveillent mais toutes les consciences ne sont pas encore éveillées."

_*_Sondage réalisé en ligne du 13 au 14 février auprès d'un échantillon de 1.012 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1%. 

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