Clap de fin pour l'un des représentants de l'impertinence telle que Canal + la pratiquait. Mais le Petit Journal a aussi changé la façon de traiter de politique à la télévision.

Petit Journal
Petit Journal © Maxppp / Olivier Blin

Les  États Unis avaient le Dailyshow de John Stewart, nous le Petit Journal de Yann Barthès. Mais ce soir c'en sera fini. L'animateur et sa société de production, Bangumi, quittent Canal +, direction TF1. Le Petit journal était l'un des derniers représentants de l'impertinence telle que Canal + l'a pratiquée pendant des années. Mais il a aussi changé la façon de traiter de politique à la télévision. Pour le meilleur et pour le pire.

Mettre à mal la communication des politiques, pointer leurs contradictions,  le Petit Journal en a fait sa marque de fabrique. En 12 ans, peu de choses ont échappé à la loupe de Yann Barthès et de ses équipes, au point d'avoir créé un nouveau style de journalisme estime Isabelle Veyrat-Masson, directrice du laboratoire communication et politique du CNRS :

Le Petit Journal a inventé quelque chose qui, à mon avis, est entre le journalisme classique et l'infotainment. La distraction comme moyen de faire passer de la connaisance, avec un objectif qui est d'aller dénicher, grâce à l'humour, l'autre face du réel.

Mais désacraliser les politiques peut aussi avoir ses travers :

Il n'est pas tout à fait impossible de penser que la disparition d'un certain type de distance peu devenir un peu inquiétante pour la démocratie.

Une chose est sûre : si à la rentrée Cyrille Eldin, plus connu pour sa complaisance reprend effectivement le Petit journal revu et corrigé par Vincent Bolloré 2016, nos hommes politiques devraient pouvoir dormir tranquilles.

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