« C'est avec des hochets que l'on mène les hommes », Expliquait Bonaparte il y a 208 ans. Depuis, on distribue les légions comme' des pommes. On les brade au kilo, c'est presque révoltant. Déjà, sous Mitterrand, il y avait plein d'abus. Et sous Chirac aussi, on en a observés. Mais avec Sarkozy, depuis le tout début, Les rubans sont devenus des cadeaux privés. L'année 1802, quand fût crée « la rouge », C'était pour distinguer l'élite nationale. Or, maintenant, on l'offre à tous et même aux courges, Dont on peut lire le nom, après, dans le journal. Moi aussi je voudrais une' légion d'honneur. Après tout, pourquoi pas, je l'ai méritée. Le matin, je me lève de bonne heure. Et je travaille avec assiduité. « Le matin tu te lèves de bonne heure Et tu travailles avec assiduité » Le président épingle de grands chanteurs Céline' Dion, Sylvie Vartan, Barbelivien. Il décore également des acteurs. Réno, Boon et Clavier, ça ne' coûte rien. « Il décore également des acteurs. Réno, Boon et Clavier, ça ne' coûte rien. » Le président épingle des cuisiniers. Le traiteur de Neuilly, le chef du Bristol. Celui de l'Elysée n'est pas l'dernier. Il a eu son ruban sur la casserole. Moi aussi je voudrais une' légion d'honneur. Après tout, pourquoi pas, je l'ai méritée. Le matin, je me lève de bonne heure. Et je fais d'excellentes crudités. « Le matin, tu te lèves de bonne heure. Et tu fais d'excellentes crudités. » Le président épingle des couturiers. Et même son tailleur, monsieur Namani. Il n'a pas encore fait son serrurier. Mais il a fait Isabelle Balkany. « Il n'a pas encore fait son serrurier. Mais il a fait Isabelle Balkany. » Le président a décoré son libraire. Ses témoins de mariage et Basile Boli. Il a récompensé Tony Parker. Et la dirlo de l'école du p'tit Louis. « Il a récompensé Tony Parker. Et la dirlo de l'école du p'tit Louis. » Le président épingle comme un gogo. Il épingle à tout va, faut croire qu'il adore. Il a fait « officier » Ali Bongo. Et « chevalier » sa vendeuse de chez Dior. Moi aussi je voudrais une' légion d'honneur. Après tout, pourquoi pas, je l'ai méritée. Le matin, je me lève de bonne heure. Et je déteste la vulgarité. « Le matin, tu te lèves de bonne heure Et tu détestes la vulgarité. » Pourquoi pas épingler votre garagiste. Ou bien la manucure de votre dulcinée. Pourquoi pas son coiffeur, ou son dentiste. Ou la coach qui vous muscle le périnée. En fait, non, je ne' veux pas de légion d'honneur. Pardon, c'est une erreur, faut pas insister. Le rouge me va très mal et le bonheur. Est plus joli sans cette vanité. Chronique ("La poésie du jeudi") du 25/11/10 dans le "5/7 boulevard".

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.