Le bénévole du diocèse de Nantes, déjà interrogé la semaine dernière, a été mis en examen et placé en détention provisoire dans la nuit de samedi à dimanche. Selon son avocat, contacté par France Inter, il a "avoué les faits qui lui étaient reprochés" devant un juge d'instruction.

Cathédrale de Nantes le 21 juillet à 8 h 30. Trois jours après l'incendie qui a brûlé le grand orgue.
Cathédrale de Nantes le 21 juillet à 8 h 30. Trois jours après l'incendie qui a brûlé le grand orgue. © Radio France / François Ventéjou

Une semaine après l'incendie de la cathédrale de Nantes, le bénévole du diocèse arrêté une première fois dimanche dernier a été mis en examen samedi soir puis placé en détention provisoire. Il avait été placé en garde à vue le matin après une semaine d'enquête et la découverte de nouveaux éléments. D'après son avocat, Quentin Chabert, joint par France Inter, "il a avoué les faits qui lui étaient reprochés" devant un juge. C'est désormais le temps "de l'enquête longue, de l'instruction et de l'apaisement", indique-t-il. "Il a reconnu dans la nuit devant le juge avoir 'allumé les trois foyers de l'incendie de la cathédrale'", a confirmé le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, à Ouest-France

"Il regrette les faits"

Son client, un Rwandais de 39 ans, "regrette les faits", est "dans une sorte de repentance". "Il n'avait pas le profil de quelqu'un qui pouvait commettre ce type de faits. Il faut maintenant laisser l'enquête se poursuivre et le juge d'instruction faire son travail sereinement", ajoute maître Quentin Chabert. Le parquet de Nantes a ouvert une information judiciaire des chefs de dégradations, détériorations ou destruction du bien d’autrui par incendie. Le suspect risque 10 ans de prison et 150 000 euros d'amende.

D'après Ouest France, cet homme avait une obligation de quitter le territoire français établie. Il s'était plaint auprès de plusieurs personnes de ne pas être assez soutenu dans ses démarches pour demander sa régularisation et "avait également des problèmes de santé physiques et essayait de faire régulariser sa situation en raison de cet état de santé", précise le procureur de la République. Toutefois, les explications  sur ses motivations "ont pour l’instant été très superficielles".

Absence de traces d'effractions, trois départs de feu

La veille de l'incendie, ce bénévole du diocèse était chargé de fermer la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes. D'après les premiers éléments de l'enquête, deux éléments ont attiré l'attention lors des investigations : l'absence de traces d'effractions et, surtout, les trois départs de feu distincts repérés dans le bâtiment, éloignés les uns des autres. Des recherches poussées avaient aussi été menées ces derniers jours pour examiner l'emploi du temps du bénévole avec une trentaine de personnes interrogées. 

"Il y avait un certain nombre d’éléments qui étaient divergents par rapport à ce qu’il nous avait déclaré. On a pu déterminer qu’il était dans le secteur de la cathédrale, le matin, dans le créneau horaire où le feu s’est déclaré, grâce à des caméras installées aux alentours de l’édifice", a indiqué à Ouest France le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès.

"On a constaté, sur deux des trois sites où ont eu lieu des départs de feu, des éléments troublants, qui pouvaient corroborer une intervention extérieure et un geste criminel. On a retrouvé, par exemple, un produit inflammable, qui pourrait avoir été utilisé pour allumer l’incendie", indique-t-il encore. 

Le 18 juillet, jour de l'incendie, les flammes ont notamment emporté avec elles le grand orgue de la cathédrale qui datait de 1619

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