Le projet Papillon : la parole contre le terrorisme
Le projet Papillon : la parole contre le terrorisme © Thibault Lefèvre / Thibault Lefèvre

Pour la première fois, des victimes d'attentats francophones sont réunies pour partager leurs expériences et tenter de se reconstruire. Pendant neuf jours, 22 jeunes de 14 à 25 ans vivent ensemble dans un gîte du Loiret: des Russes, des Marocains, des Algériens, des Français participent à des groupesde parole et à des ateliers artistiques pour soigner leurs traumatismes. Le projet papillon a été lancé à l'initiative de l'association française des victimes du terrorisme.

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Au fond du jardin, deux jeunes femmes discutent sur une balançoire. Ouafa est marocaine. Elle a perdu son père le 16 mai 2003 dans les attentats de Casablanca.

C'était un vendredi soir. Ils ont appelé ma mère en disant qu'il y avait des terroristes qui ont tués mon père. C'était un peu dur pour moi, je l'aimais très très très fort. Que son âme repose en paix.

A la gauche de Ouafa, Viviana vient de participer au premier groupe de parole du séjour. Cette franco-colombienne a elle aussi perdu son père. Cet ancien policier a été tué il y a trois ans par les Force Armées Révolutionnaire de Colombie.

Aujourd'hui, chacun a raconté son histoire. L'idée, ici, c'est de sortir de tout ça pour oublier mais aussi pour savoir vivre avec ça.

Vivre avec ça, c'est ce que fait Asma depuis l'assassinat de son frère en Algérie le 6 juin 1994. Cette thérapeute de l'association française des victimes du terrorisme a animé le groupe de parole :

J'étais comme eux aujourd'hui et j'ai pu "m'en sortir". C'est ce quon essaie de leur dire : on a le droit de réussir et on a le droit de vivre une autre vie que ce qu'on a vécu. Écouter

A l'origine du projet papillon

Guillaume Denoix de Saint Marc est le directeur général de l'association des victimes du terrorisme. Il a perdu son père dans l'attentat du DC10 d'UTA le 19 septembre 1989 et s'est appuyé sur cette expérience pour mettre en place le projet papillon.

On s'est aperçu nous en tant qu'adultes qu'à chaque fois que l'on faisait des congrès internationaux de victimes du terrorisme et qu'on se rencontrait entre nous, ça nous faisait du bien, nous en tant qu'adultes. On s'est dit, si ça nous fait du bien, pourquoi, ça ne ferait pas du bien à des ados ?

Le séjour se termine lundi prochain mais l'association voit déjà plus loin. Elle cherche d'ores et déjà à réunir les 135 000 euros nécessaires pour tenter d'accueillir l'année prochaine une dizaine de participants supplémentaires.

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