De plus en plus, le soin apporté à l’orthographe est décisif non seulement à l'école, mais aussi pendant les études et surtout face à de potentiels employeurs. Face à cela, des applications, le "projet Voltaire" en tête, se développent et gagnent de la popularité auprès des utilisateurs.

L'application "projet Voltaire" est gratuite pour les premiers questionnaires... puis devient payante ensuite
L'application "projet Voltaire" est gratuite pour les premiers questionnaires... puis devient payante ensuite © Radio France / Julien Baldacchino

"Projet Voltaire" : derrière ce nom qui sonne comme une mission spéciale, se cache une entreprise lyonnaise, Woonoz, qui a lancé il y a dix ans un ensemble de solutions autour de la langue française : une méthode d'apprentissage, un certificat, et désormais une application mobile. Nommée "Orthographe Projet Voltaire", cette application disponible sur iOS comme sur Android propose à ses utilisateurs ni plus ni moins que de "dire adieu aux fautes d'orthographe et de grammaire".

"Cacographie"

Une fois l'application lancée, l'utilisateur se retrouve face à une série de questionnaires de catégories et de difficultés variées. Il peut choisir les "fondamentaux", des catégories plus compliquées jusqu'au "module d'excellence", ou même des questionnaires spécialisés sur l'ortho-typographie ou les abréviations. Dans chaque catégorie, le dispositif est ensuite le même : il faut définir si, dans une phrase donnée, il y a une faute d'orthographe ou non, et si c'est le cas, quelle est la faute. Le corrigé indique ensuite la règle de grammaire, d'orthographe ou de conjugaison à laquelle elle se réfère.

Aujourd'hui, 4 000 établissements d'enseignements scolaires, 1 200 entreprises et plus de 5 millions d'utilisateurs ont adopté l’application comme Laurence, 51 ans, responsable des abonnements dans une grand entreprises de presse. "Personne n'est à l'abri d'une faute d'inattention, et c'est dommage qu'on soit dévalorisé parce qu'on a fait une faute, quelle qu'elle soit", explique-t-elle. "Certains ont Candy Crush, moi je m'éclate sur Projet Voltaire."

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Thibault Lefevre l'a rencontrée

Par Thibault Lefevre
L'un des écrans de l'application Projet Voltaire
L'un des écrans de l'application Projet Voltaire / Capture d'écran

L'appication est basée sur une technique ancienne appelée "cacographie", qui consiste à utiliser des textes comportant des fautes pour aider à mieux comprendre les règles de la langue. Si certains déplorent le fait qu'une société privée joue le rôle d’instructeur (ou de remise à niveau) qui devrait être celui tenu par l'école, le succès du "projet Voltaire", lancé il y a dix ans, est incontestable : l'application se retrouve même parfois utilisée en milieu scolaire par certains enseignants. Quant à la certification qui l'accompagne, elle est de plus en plus utilisée par des écoles et des recruteurs, qui exigent un score minimum (sur 1 000 points).

Un poison pour les employeurs

Le manque de rigueur orthographique est aujourd'hui l'une des problématiques qui se posent le plus pour les employeurs et futurs employeurs : d'après une étude (réalisée par OpinionWay pour Bescherelle) publiée la semaine dernière, 52% des DRH affirment avoir déjà écarté une candidature en raison d'une mauvaise expression écrite. Pour 16% des sondés, le critère a même été rédhibitoire. Et au total, 92% des employeurs estiment que l'image de l'entreprise peut pâtir d'un mauvais niveau de français. Et ce problème se retrouve des années plus tôt au niveau de l'école : selon une autre étude, menée cette fois par le ministère de l'Éducation nationale, entre 1987 et 2015, le nombre d'erreurs sur une même dictée a augmenté de 59,6%.

Reste à savoir quelle est l'efficacité réelle de cette application : d'un côté, celle-ci s'adapte à ses joueurs, car elle repère la façon dont chacun mémorise les règles pour lui proposer un apprentissage plus facile. De l'autre, des enseignants estiment que la méthode de la cacographie ne fait pas toujours ses preuves, et que s'il devient facile de repérer des fautes, il peut être plus épineux de ne pas les commettre à nouveau lorsqu'on prend le costume du rédacteur. 

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