Une enquête a été ouverte ce mardi par le parquet de Paris pour "violences volontaires", "agressions sexuelles" et "menaces de mort" contre Moha La Squale après le dépôt de plainte de trois femmes ce lundi soir. Depuis dimanche, les accusations de nombreuses femmes déferlent sur les réseaux sociaux.

Le rappeur Moha La Squale est par ailleurs sous contrôle judiciaire dans l'attente d'un procès pour refus d'obtempérer, outrage et rébellion envers les forces de l'ordre en mai 2020.
Le rappeur Moha La Squale est par ailleurs sous contrôle judiciaire dans l'attente d'un procès pour refus d'obtempérer, outrage et rébellion envers les forces de l'ordre en mai 2020. © Getty / David Wolff - Patrick

Elles ont été entendues toute la nuit par les policiers. Au commissariat du 9e arrondissement de Paris, trois jeunes femmes âgées de 23 à 28 ans ont porté plainte ce lundi soir contre le rappeur Moha La Squale. Elles l'accusent de violences, d'agressions sexuelles, de menaces de mort et de séquestrations. Ce mardi, une enquête a été ouverte.

"Il y a au total six victimes" explique une source proche du dossier à l'AFP. Les trois autres devraient porter plainte à leur tour prochainement, ajoute cette source. L'avocat des trois plaignantes, Thibault Stumm, précise à l'AFP que "certains faits remontent à plus de deux ans, d'autres à quelques mois". 

Les accusations affluent sur les réseaux sociaux depuis dimanche

Tout commence dimanche lorsque plusieurs femmes commencent à témoigner sur les réseaux sociaux, accusant le rappeur de 25 ans de séquestrations, violences conjugales et sexuelles, coups et menaces. "Même si pour moi ça a été, je connais pas mal de gens qui ont vécu des trucs très graves avec lui. C'est un grand malade" explique une jeune femme nommée Romy dans sa story Instagram. "Vos rappeurs violeurs qui font des sons de love et qui séquestrent des meufs (...). Pour ceux qui n'ont pas capté je parle bien évidemment de Moha La Squale" ajoute-t-elle. C'est elle qui a ouvert le bal dimanche. 

Après ça, plusieurs femmes lui ont répondu sur le réseau social en affirmant qu'elles aussi avaient été victimes d'agression, de violences, de séquestrations ou d'humiliations de la part de l'artiste parisien. Parmi elles, une certaine Luna, qui explique avoir été la petite amie de Moha La Squale pendant deux ans et pour qui il aurait écrit la chanson "Luna". "Il m'a écrit Luna alors qu'il passait son temps à me hurler dessus, à me reprocher tout et n'importe quoi, à être super violent avec moi, humiliant..." raconte-t-elle. Romy a ensuite reposté ces témoignages sur son compte Instagram, en anonymisant certaines personnes qui préfèrent préserver leur identité. Ils ont pris de l'ampleur une fois relayés par des personnalités très suivies sur les réseaux sociaux., comme la mannequin Lena Simonne ou le Youtubeur Ramous HG. D'autres femmes ont témoigné directement depuis leur compte Instagram ou Twitter. 

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Des témoignages de jeunes femmes publié dimanche.
Des témoignages de jeunes femmes publié dimanche.

Moha La Squale n'en est pas à sa première accusation d'agression sexuelle, affirme le magazine Le Point. Il doit par ailleurs être jugé le 18 mars 2021 pour refus d'obtempérer, outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique et rébellion. Il avait été interpellé en juin à la suite d'un contrôle routier de routine, les policiers ayant constaté qu'il faisait l'objet d'un mandat de recherche pour un "rodéo à moto" un mois auparavant.

Le rappeur a été l'une des grosses révélations de l'année 2018, auteur d'un premier album "Bendero" plébiscité par le public (disque d'or, plus de 50 000 exemplaires vendus) et par la critique. Nommé aux Victoires de la musique 2019, l'artiste aux cheveux longs s'était fait repérer avec des "freestyles" postés sur Facebook et YouTube, où on le voit rapper dans sa cuisine ou dans son quartier de "La Banane" à Ménilmontant, dans le 20e arrondissement de Paris. Il y racontait déjà sa vie d'avant, lorsqu'il était dealer puis en prison.