[scald=103241:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La population carcérale en France a battu pour le deuxième mois consécutif un record historique avec 66.445 détenus au 1er mars, un chiffre de hausse de plus de 1% par rapport à février, selon des données publiées lundi par l'administration pénitentiaire.

La situation est considérée comme critique par les syndicats de personnels pénitentiaires et de magistrats, avec une surpopulation jugée particulièrement grave dans les maisons d'arrêt, en principe réservées aux personnes non jugées.

Les prisons françaises comptent, selon les chiffres officiels de février, 57.213 places, en dépit de plusieurs mises en service d'établissements neufs ces dernières années. Un quart des détenus sont en attente de jugement ou d'appel.

Resté sous la barre des 60.000 pendant les années 1990, et passé sous celle des 50.000 en 2001, le nombre de détenus a augmenté depuis régulièrement, en parallèle à l'importance prise dans la vie politique par le thème de l'insécurité.

La surpopulation amène, selon les syndicats pénitentiaires, une gestion plus difficile de la vie carcérale, et notamment un taux de suicide record en Europe. Depuis plusieurs années, on recense une centaine de morts chaque année au moins, selon diverses sources indépendantes de l'administration.

Le gouvernement a lancé de nouveaux programmes de construction de prisons. De son côté, le candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, promet que les peines prononcées seront toutes effectivement exécutées et les prisons conformes aux principes de dignité.

Prié lors d'un déplacement à Dijon le 6 février de dire comment il financerait à budget constant le doublement du nombre de centres éducatifs fermés pour mineurs délinquants, il a dit qu'une des options était de revoir les programmes de nouvelles prisons.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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