Tout n’est pas rose dans le saumon ! C'est le titre du magazine "60 millions de consommateurs", qui révèle la présence exagérée de toxiques dans les spécialités bio de ce poisson.

Le saumon bio pas si sûr
Le saumon bio pas si sûr © Maxppp / Alexandre MARCHI

Trois ans après la crise du saumon provoquée par un reportage accablant sur le saumon d’élevage, 60 Millions de consommateurs a analysé en laboratoire des pavés de saumon frais et des saumons fumés.

Conclusion : les pavés de saumon bio sont les plus contaminés, tous toxiques confondus ! Les analyses ont été réalisées en partenariat avec l'émission de France 3 Thalassa. Elles confirment une tendance relevée en 2014, selon laquelle un poisson gras est plus susceptible de contenir des substances chimiques.

Recherche de produits toxiques

Dix pavés de saumon et quinze saumons fumés, d’origine Norvège, Irlande ou Écosse, conventionnels et bio, certains avec label Rouge ou certifiés filière responsable ont été analysés : matière grasse, et profil des acides gras ; plomb, mercure, arsenic ; dioxines et PCB ; pesticides ; antibiotiques.

Conclusion : le bio est plus contaminé que le saumon conventionnel. La contamination en métaux (mercure et arsenic) s’avère plus forte pour les quatre saumons frais bio de notre panel. Concernant le mercure, les teneurs restent bien en deçà de la limite réglementaire.

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Concernant l’arsenic, les teneurs sont très variables. Mais l’arsenic provenant de la croûte terrestre, "on peut comprendre que la chair des poissons sauvages en contienne", nuance le magazine.

Mais pour les autres ? Un certain nombre de polluants sont apportés par la nourriture donnée aux saumons, composée en partie de farines et d’huiles animales, issues de poissons sauvages susceptibles d’accumuler ces résidus.

Le saumon frais et fumé bio contient plus de produits toxiques que le saumon conventionnel
Le saumon frais et fumé bio contient plus de produits toxiques que le saumon conventionnel © Maxppp / Sebastien JARRY

L'alimentation des poissons sur la sellette

Selon 60 millions de consommateurs, c'est l'alimentation des poissons qui pose problème, et non pas l'environnement dans lequel est réalisé leur élevage. Les saumons frais d’élevage bio sont plus contaminés que leurs homologues standard. Et ce, que les poissons viennent de Norvège ou d’Irlande, fief de l’aquaculture biologique.

Cette contamination à l'arsenic vient des farines et huiles qui servent à nourrir les saumons d'élevage, explique Patricia Chairopoulos, de 60 millions de consommateurs.

La part animale dans les farines vient des poissons sauvages, et c'est de là que viennent les polluants.

Les conseils de "60 millions" pour mieux consommer

■ Éviter les saumons dont l’emballage indique "Ne pas recongeler".

■ Seul le sel est autorisé en France.

■ Privilégier la mention "salage au sel sec".

■ Comme le saumon est gras, il rancit rapidement, même emballé. Et plus encore le saumon bio, pour lequel l’usage de l’astaxanthine, un pigment qui donne la couleur rose orangé et possède aussi un effet antioxydant, n’est pas autorisé. L’idéal est de ne pas dépasser deux ou trois semaines après la date de fabrication.

■ Veiller à ce que la couleur soit uniforme.

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