Des femmes en situation de plus grande fragilité, des seniors et des étrangers plus nombreux à souffrir de la précarité, et une immense majorité sous le seuil de pauvreté : le Secours Catholique a étudié les situations de 86.275 personnes accueillie par l'association. Voici leur profil en cinq chiffres-clés.

Maraude du Secours catholique à Toulouse le 30 octobre 2018
Maraude du Secours catholique à Toulouse le 30 octobre 2018 © Maxppp / Thierry Bordas

Les femmes sont majoritaires

En 2017, le Secours Catholique a 56,1 % de femmes, soit plus que la proportion dans l'ensemble de la population française. Elles sont donc globalement plus souvent victimes de la précarité que les hommes. Pour les femmes de nationalité française, 40 % sont des mères isolées, et 30 % sont des femmes seules sans enfant.

L'année passée a été marquée par deux tendances plus générales : pour les Français, une population plus féminine et vieillissante ; pour les étrangers, une population plus masculine et jeune.

Un tiers d'entre eux ont plus de 50 ans

Les seniors sont de plus en plus victimes de la précarité. En 2010, un quart des personnes rencontrées avaient plus de 50 ans. En 2017, c'est le cas d'un tiers de ces hommes et femmes.

Pire, pour les plus de 50 ans, on est passé de 5 % à 10 % de la population en difficulté. Ils sont 80 % à vivre seuls ou en couple sans enfant.

Deux chômeurs sur trois ne touchent aucune indemnité

La plupart du temps, parce qu'ils sont arrivés en fin de droits, ou tout simplement parce qu'ils n'en ont pas demandé. Ils dépendent donc le plus souvent du RSA, avec un revenu mensuel médian proche de 500 euros (soit la moitié du seuil de pauvreté). La proportion de chômeurs dans les accueils du Secours Catholique est huit fois plus importante que dans la population générale. 

Neuf personnes sur dix sous le seuil de pauvreté

Celles et ceux qui font appel au Secours Catholique ont évidemment des revenus particulièrement modestes. Mais l'association s'inquiète aussi du fait que parmi eux, deux ménages sur trois sont même en situation d'extrême pauvreté, avec un revenu inférieur à 40 % du revenu médian de la population française (le seuil de pauvreté est fixé à 60 %).

À l'inverse, on observe une augmentation du nombre de ménages dont le niveau de vie se situe au-dessus de ce seuil de pauvreté. Il s'agit le plus souvent de couples sans enfants, âgés de plus de 65 ans et de nationalité française. Leurs ressources restent faibles et sont vite épuisées par des dépenses plus lourdes.

Une personne sur quatre est un étranger sans statut

Cela ne veut absolument pas dire que les étrangers en situation irrégulière sont de plus en plus nombreux dans la population française (leur proportion reste stable, aux alentours de 7 %). Mais cela montre qu'ils sont dans des situations de plus en plus précaires, et font face à un statut légal de plus en plus instable.

Le Secours Catholique constate aussi que la part de personnes venus des pays d'émigration "traditionnels" de l'Union européenne est en baisse (ils sont mieux intégrés et donc plus souvent à l'abri de la précarité), tandis que celle des migrants venus d'Afrique subsaharienne, d'Europe de l'Est et d'Asie centrale, aux situations plus précaires, augmente.

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