Des migrants sous un pont à Paris
Des migrants sous un pont à Paris © Radio France / Mathilde Dehimi

Les sénateurs examinent à leur tour la réforme du droit d'asile. Chaque pays européen choisit des règles pour l'attribuer. Quoi qu'il arrive la procédure est longue, et les migrants attendent, dans des conditions très précaires.

Depuis son passage à l'Assemblée nationale en décembre dernier, le texte a été durci par la commission des lois du Sénat. Il risque d'ailleurs d'y être bien plus discuté puisque la droite est majoritaire au sein de la chambre haute.

Le point de friction entre gauche et droite reste l'hébergement pendant la période de traitement du dossier. Le projet du Sénat propose une règle qui n'avait pas été retenue par les députés : si un demandeur d'asile quitte la chambre qui lui a été attribuée, l'examen de son dossier est automatiquement suspendu.

Pour les associations, il s'agit avant tout d'une surveillance pour pouvoir mieux les expluser en cas de refus du dossier. L'an dernier, les trois quarts des 63.000 demandes ont été rejetées.

Réduire les délais

Les textes actuels prévoient que la demande doit être traité dans le premier pays d'accueil. L'Italie, la Grèce et Chypre sont surchargés. En France aussi, les délais sont très longs : plusieurs mois, parfois plusieurs années avant de savoir si le statut de réfugié est effectivement attribué.

En attendant, les migrants vivent ou survivent comme ils le peuvent. Des dizaines d'entre eux se sont installés sous des ponts, à Paris.

Mathilde Dehimi est allée à leur rencontre

1'19

Des migrants sous les ponts de Paris, en attendant de connaître leur statut

Le nouveau texte doit notamment réduire les délais de traitement, et les limiter à neuf mois. Aujourd'hui, la moyenne est de deux ans, même si certains ressortissants bénéficient de traitements accélérés, comme les Syriens ou les Irakiens. 50 devraient donc être créés à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et des apatrides ).

Chaque pays choisit ses règles

La situation des migrants qui débarquent en Europe n'est pas nouvelle mais elle leur nombre a explosé ces derniers mois. Et les naufrages meurtiers, et réguliers, en Méditerranée ont accru l'attention sur ce sujet. Les pays européens cherchent des solutions communes pour lutter contre cette immigration clandestine, et prendre en charge les naufragés. Mais chaque pays fait ses choix pour attribuer le statut de réfugiés, garanti par la Convention de Genève.

L'Allemagne et la Suède, qui disposent d'un système moins complexe et où les traitements sont beaucoup moins longs, accueillent de plus en plus de réfugiés. L'Allemagne seule a accordé le statut de réfugiés à 30.000 Syriens l'an dernier, contre quelques centaines en France.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.