Illustration sécheresse
Illustration sécheresse © MaxPPP / Jean-Baptiste Quentin

Soixante départements font l’objet de restrictions d’eau. Depuis le début du mois de juillet, la situation ne fait que s’aggraver. Les agriculteurs, déjà en pleine crise, sont inquiets.

Absence de pluies cumulée à des températures élevées : les sols ont rarement été aussi secs sur une grande partie de la France. Dans certains champs, la terre est tellement dure que les agriculteurs n’arrivent même plus à la travailler. Cultures à la peine, fourrages grillés : de quoi rappeler les grandes sécheresses de 1976 et 2003. Du Limousin jusqu’en Alsace, les indices d'humidité des sols - qui évaluent l'humidité jusqu'à moins deux mètres sous terre - ont atteint leur plus bas niveau pour cette période, depuis le début des mesures en 1959.

Carte sécheresse juillet 2015
Carte sécheresse juillet 2015 © Radio France / idé

Des agriculteurs désemparés

Les producteurs de pommes du Limousin ont des sueurs froides. Ils ne sont que la moitié à disposer d'un système d'irrigation et ce sont surtout les jeunes vergers qui souffrent du manque de pluie. Difficile pour le moment d'évaluer les pertes mais ce qui est certain, c'est qu'il y en aura.

Laurent Rougerie, le président du syndicat de défense de l'AOP pomme du Limousin (au micro de François Ravanne de France Bleu Limousin)

La sécheresse fait aussi souffrir la trufficulture. L’Yonne en compte 70 hectares. Or il a plu moins de 5 millimètres en juillet sur l'Auxerrois, contre 47 d'habitude. La récolte de truffes pourrait y être cinq fois moins importante que d’habitude.

Le reportage de Julie Davico-Pahin à Quenne

Une rescapée : la viticulture

En revanche, la vigne semble bien s'en porter. Selon le ministère de l'Agriculture, la récolte devrait grimper à 46,6 millions d'hectolitres (-1% par rapport à l'an dernier), avec de belles grappes. À condition bien sûr qu'il ne pleuve pas immodérément d'ici aux vendanges qui ne manqueront pas d'être avancées, en Midi-Pyrénées (peut-être 3 semaines d'avance), dans le Bordelais ou la Champagne. Dans les vignes, sécheresse et chaleur semblent en plus avoir endigué les attaques d'oïdium et de mildiou . Et puis, avec des nuances d'une région à l'autre, 2003 est resté un bon millésime pour la plupart des vignobles.

1976 devrait garder son titre de record

La grande sécheresse de 1976 avait commencé en juin, plus sur le nord de la France, et elle avait eu des impacts de longue durée. En 2015, les nappes phréatiques comme les rivières ont eu une recharge hivernale satisfaisante et sont bien alimentées, explique Météo France. Des rivières seront donc sans doute touchées mais pas exceptionnellement puisque la situation était encore favorable au 1er juillet.

Sécheresse 1976 bretagne
Sécheresse 1976 bretagne © MaxPPP / BEP/OUEST FRANCE

Peut-être bientôt une solution pour armer les agriculteurs

L’Institut National de Recherche Agronomique (INRA) cherche un moyen de faire face au réchauffement climatique. Près de son site de Crouël, à côté de Clermont-Ferrand, elle a installé de grandes structures métalliques surplombant des champs de culture. Il s'agit de Phéno3C, des plateformes utilisées pour effectuer des tests "grandeur nature". Grâce à elles, les chercheurs vont tester pendant huit ans différentes cultures en leur imposant des facteurs clés du changement climatique. Sécheresse, concentration de CO2 importante, etc. Ces tests détermineront quelles espèces résistent le mieux et comprendre pourquoi elles résistent mieux.

Les explications de Jean-Baptiste Coulon, président de l'INRA Auvergne-Rhone Alpes (au micro d'Olivier Vidal de France Bleu Pays d'Auvergne)

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