[scald=106475:sdl_editor_representation]par Jean Décotte et John Irish

TOULOUSE (Reuters) - Le principal suspect des tueries qui ont fait sept morts en France était assiégé mercredi par les policiers dans un immeuble de Toulouse où il s'est retranché et les conditions ont été créées pour mener l'assaut après l'évacuation des habitants.

Cet homme, qui se revendique d'Al Qaïda selon le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, a échangé des coups de feu avec la police, qui tente de négocier avec lui.

Le frère du suspect a été interpellé dans un lieu distinct, a ajouté le ministre, qui est sur place.

Trois policiers du Raid, un groupe d'intervention d'élite, ont été blessés et l'immeuble où se trouve le tueur présumé était en cours d'évacuation vers 08h30, ce qui permettrait un assaut, a-t-on appris de sources policières.

"L'individu parle beaucoup. Il se revendique d'être un moudjahidine, d'appartenir à Al Qaïda. Il dit avoir voulu venger les enfants palestiniens en même temps que d'avoir voulu s'en prendre à l'armée française", a déclaré Claude Guéant.

Lors d'une intervention distincte devant la presse, le procureur de Toulouse et le responsable de la section antiterroriste du parquet de Paris, chargé de l'enquête, ont précisé que plusieurs opérations étaient en cours dans l'agglomération toulousaine. Le principal suspect est un homme âgé de 24 ans connu des services de police, ont-ils ajouté.

Une gigantesque chasse à l'homme a été engagée lundi après le meurtre d'un rabbin et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. La semaine précédente, trois militaires ont été abattus de sang-froid, selon le même mode opératoire, l'un à Toulouse et deux autres à Montauban.

A chaque fois, l'auteur des coups de feu mortels est arrivé en scooter et a visé ses victimes à la tête.

SÉJOURS EN AFGHANISTAN

Le principal suspect est un Toulousain, de nationalité française, qui a effectué des séjours en Afghanistan et au Pakistan, a dit Claude Guéant.

"Il a des attaches avec des personnes qui se réclament du salafisme et du djihadisme", a dit le ministre. "Tout est fait pour qu'il puisse être déféré dans les meilleurs conditions devant la justice".

La mère du suspect a été amenée sur les lieux mais ne souhaite pas entrer en contact avec son fils, a-t-il ajouté.

L'opération a été lancée aux alentours de 3h00 du matin mercredi dans le quartier résidentiel de la Côte Pavée, dans l'est de Toulouse. Le suspect est retranché dans un immeuble de cinq étages des années 1970 qui tranche avec le reste des habitations, des petits pavillons.

La rue Sergent Vigné où se trouve cet immeuble se situe à quelques centaines de mètres à peine du lieu du premier meurtre d'un militaire, le 11 mars dernier, ainsi que de l'école juive où quatre personnes ont trouvé la mort lundi dernier.

"C'est un quartier calme", a déclaré une voisine, Cathy Fontaine. "Il y a une crèche là, des écoles derrière, c'est vraiment un quartier très cosmopolite en plus."

Un journaliste de Reuters présent sur place a constaté que la zone était entièrement bouclée par les forces de l'ordre. Des coups de feu ont été entendus vers 04h40 GMT mais une accalmie semblait régner vers 08H00. Des policiers casqués et armés de fusils automatiques étaient déployés sur place.

Toute la région Sud-Ouest a été placée sous haute surveillance avec le dispositif "Vigipirate écarlate", sans précédent en France.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, qui dirige l'enquête, a insisté mardi sur la "piste terroriste" au sens du droit français, à savoir la volonté de troubler l'ordre public "par l'intimidation et la terreur.

Selon le magistrat, l'homme agit avec "sang-froid" et son action est "préméditée", comme le montre "le choix de ses cibles", à savoir "l'armée", "l'origine" des victimes pour les militaires ou "leur confession" dans le cas de l'école juive.

Les trois soldats assassinés sont d'origine maghrébine et un quatrième, grièvement blessé, est Antillais, ce qui a alimenté la thèse de tueurs issus de l'extrême droite.

Jean Décotte, Nicolas Bertin et John Irish, avec Patrick Vignal à Paris, édité par Yves Clarisse

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