[scald=106797:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - L'identification du suspect numéro un dans l'affaire des tueries du sud-ouest de la France et les cérémonies en hommage à ses sept victimes ont signé mercredi l'épilogue d'un épisode sanglant qui a choqué l'opinion et mobilisé la classe politique.

Cerné dans la nuit de mardi à mercredi dans un immeuble de Toulouse où il habite, l'homme soupçonné d'avoir tué trois soldats, trois enfants et un père de famille en dix jours était toujours retranché dans un appartement en fin d'après-midi, sous l'oeil des policiers d'élite du Raid.

Mohamed Merah, 24 ans, un Français d'origine algérienne se revendiquant de la nébuleuse Al Qaïda, a fait savoir qu'il pourrait se rendre dans la soirée, selon François Molins, procureur de la République de Paris.

Trois policiers ont été blessés lors des opérations visant à arrêter le suspect, qui ont donné lieu à des échanges de coups de feu. Les forces de l'ordre ont trouvé devant son domicile, sur ses indications, une voiture remplie d'armes.

Toujours selon François Molins, Mohamed Merah a dit avoir agi seul et il a spontanément reconnu les meurtres perpétrés depuis le 11 mars à Toulouse et Montauban. Il aurait dit n'avoir aucun regret et qu'il envisageait de repasser à l'acte mercredi matin, avec pour projet de tuer un militaire et deux policiers.

Selon le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, Mohamed Merah a "à son actif plusieurs actes de délinquance, une petite dizaine, dont certains étaient marqués de violence" et il aurait fait deux voyages en Afghanistan et au Pakistan.

La mère, les deux soeurs et les deux frères du suspect, dont l'un évoluait comme lui dans la mouvance salafiste selon le ministre de l'Intérieur, ont été interpellés.

HOMMAGE NATIONAL AUX SOLDATS

Dix jours après le premier meurtre, un hommage national a été rendu à trois soldats défunts dans l'enceinte du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban auquel ils appartenaient.

Nicolas Sarkozy a présidé une cérémonie en présence de cinq autres des dix candidats à l'élection présidentielle.

Outre le chef de l'Etat, le socialiste François Hollande, le centriste François Bayrou, la présidente du Front national, Marine Le Pen, l'écologiste Eva Joly et le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan ont salué la mémoire des soldats devant les trois cercueils recouverts d'un drapeau tricolore.

Comme le matin à l'Elysée, où il a reçu des représentants des grandes religions, Nicolas Sarkozy en a appelé dans son éloge funèbre à "l'unité nationale" après des assassinats qu'il a qualifiés d'"exécution terroriste".

"Nous devons rester rassemblés et en aucun cas céder à l'amalgame, en aucun cas céder à la vengeance", a dit le président, qui était accompagné par le Premier ministre, François Fillon, et le ministre de la Défense, Gérard Longuet.

Quelques heures plus tôt en Israël ont été enterrés dans le plus grand cimetière de Jérusalem les quatre victimes, dont trois jeunes enfants, assassinées lundi au collège-lycée Ozar-Hatorah de Toulouse.

Sur place, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a assuré de la "détermination" de la France "à combattre l'antisémitisme partout où il s'exprime".

"L'antisémitisme est contraire à toutes les valeurs de la France. Il est pour nous insupportable", a-t-il assuré.

"SOULAGEMENT"

En cette journée de deuil, la classe politique a réagi différemment à l'annonce de l'identification du suspect.

Si François Hollande a fait part de son "soulagement", Marine Le Pen a estimé que cette série noire traduisait une sous-estimation du "risque fondamentaliste" en France, qui payait ainsi le prix de son engagement en Afghanistan.

"Il faut mener cette guerre contre des groupes politico-religieux fondamentalistes qui tuent nos enfants", a-t-elle dit sur i> Télé.

Le recteur de la Grande mosquée de Paris s'est déclaré quant à lui abasourdi que le tueur présumé se réclame d'une "mouvance intégriste" qu'il croyait "neutralisée".

D'une manière générale, les responsables des communautés juive et musulmane ont mis en garde contre tout amalgame ou récupération politique des assassinats.

Suspendue après la fusillade de Toulouse, la campagne présidentielle devrait reprendre ses droits jeudi. Nicolas Sarkozy doit tenir meeting à Strasbourg et François Hollande est annoncé à Aurillac, dans le Cantal.

Elizabeth Pineau, avec Service France, édité par Gilles Trequesser

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