Loin d'être l'apanage des seuls pèlerins, le tourisme spirituel a de plus en plus de succès. Au-delà de la beauté des monuments, beaucoup cherchent à "s'extraire du monde".

Rocamadour et ses sept chapelles qui composent le sanctuaire dédié à Notre Dame attirent 1,5 million de visiteurs et pèlerins chaque année.
Rocamadour et ses sept chapelles qui composent le sanctuaire dédié à Notre Dame attirent 1,5 million de visiteurs et pèlerins chaque année. © Maxppp / MARC SALVET / PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI

On a tendance à l'oublier, mais ce jeudi férié, jeudi de l'Ascension, correspond dans la religion chrétienne à la célébration de l'élévation de Jésus Christ au ciel.
Certains profitent d'ailleurs de cet éventuel long-week end pour faire un pèlerinage. Et cela est de moins en moins réservé aux croyants.

Selon une étude d’Atout France, 51 millions de touristes ou de pèlerins visiteraient chaque année des sites religieux en France.
Il faut dire que la France propose une quinzaine de villes-sanctuaires (Alençon, Nevers, le Mont-Saint-Michel etc.) et pas moins de 50 000 édifices religieux, dont 10 000 classés Monuments Historiques Protégés.

Coquilles et spiritualité

Ainsi le tourisme spirituel a la côte. Il touche des croyants mais également des non-croyants et des agnostiques intéressés plus par le patrimoine et par une quête de spiritualité que par la religion en elle-même.

"Les gens ont envie de s'extraire d'un monde trop rapide, trop surfait, d'une société de consommation pour partager. C'est une sorte de slow-tourisme", explique Didier Arino du cabinet Protourisme, interrogé par Elodie Rabelle de France Inter.

Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle font par exemple de plus en plus d'adeptes. Depuis 2013, ces sentiers balisés avec des coquilles attirent plus de 200 000 pèlerins chaque année. Ils ont même séduit l'académicien Jean-Christophe Rufin qui a publié en 2013 Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi, suite à son pèlerinage de 850 kilomètres sur le Camino del Norte.

"C'était l'occasion pour moi de faire une vraie expérience de dépouillement, de réfléchir sur moi, sur mon rôle social", raconte Jean-Christophe Rufin dans une vidéo de la librairie indépendante Mollat, à Bordeaux

Le tourisme religieux en berne

A l'inverse, le tourisme religieux en lui-même et pour lui-même ne séduit plus.

"A Lourdes, par exemple, les hôtels sont en grande difficulté car il y a trop d'offres et de moins en moins de touristes, explique Didier Arino. Cette désaffection est due à une pratique religieuse en baisse". Il faut donc, selon lui, distinguer tourisme religieux et tourisme spirituel.

Un festival de musique sacrée au Mont-Saint-Michel

Enfin, certains souhaitent apporter plus de spiritualité à des lieux qui en perdent, parce qu'ils sont, à l'inverse, très (trop?) touristiques.

Ainsi, le groupe de presse Bayard et René Martin, le directeur de la Folle journée de Nantes, ont annoncé le 18 mai la création d'un festival de musique sacrée au Mont-Saint-Michel et dans sa baie.
Intitulé "Via aeterna", il proposera du 21 au 24 septembre 2017 une cinquantaine de concerts dans une dizaine de communes de la baie du Mont-Saint-Michel, dont la moitié à l'abbaye, le dernier jour du festival.

"Le festival commence dans la baie et converge vers le Mont. L'idée est de renforcer le caractère spirituel du Mont, son âme, qui a du mal à résister face au succès touristique", explique Christine Auberger, directrice du développement musique de Bayard, initiateur du projet, à l'AFP.

L'ensemble Capella Ekaterinburg, grand ensemble de musique liturgique orthodoxe de Russie est notamment attendu à Granville puis au Mont-Saint-Michel.

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