Paris-Briançon et Paris-Port Bou... Les deux derniers trains de nuit de France offrent un voyage atypique, écologique et économique, tout en desservant de nombreuses communes. D'autres lignes couchettes pourraient bien réapparaître d'ici 2022, c'est le souhait d'Emmanuel Macron. Le retour des épopées ferroviaires...

L'intercité de nuit Paris - Port Bou, relie la capitale à la frontière espagnole en 12h40, le temps d'une bonne nuit de sommeil.
L'intercité de nuit Paris - Port Bou, relie la capitale à la frontière espagnole en 12h40, le temps d'une bonne nuit de sommeil. © Radio France / Leo Tescher

"Excellent voyage et bonne nuit !", la voix du chef de bord retentit dans le train, il s'adresse une dernière fois aux voyageurs avant l'extinction des feux et le premier arrêt, le lendemain à 6 heures.

En se baladant dans le couloir, on passe devant les différents compartiments où six couchettes, trois de chaque côté, bleues foncées, s'empilent jusqu'au plafond. Coronavirus oblige, les voyageurs sont masqués.

Chaque compartiment dispose de six couchettes superposées réparties de part et d'autre d'un étroit couloir.
Chaque compartiment dispose de six couchettes superposées réparties de part et d'autre d'un étroit couloir. © Radio France / Leo Tescher

Certains voyagent en famille, comme Benjamin, Irea et Léon. Le jeune garçon s'amuse de ce voyage un peu particulier. Et même s'il n'est pas de tout repos pour ses parents, le léger inconfort des couchettes ne les a pas dissuadés de choisir cette "alternative" écologique, pour "ne pas prendre l'avion".

Une aventure ferroviaire hors du temps

L'aventure, c'est le sentiment qui se dégage dans ce Paris-Port Bou. "Ce sera un beau souvenir plus tard", affirme Benjamin. Douze heures de voyage et autant d'arrêts à ne découvrir que de paysages : Cahors, Carcassonne, Argelès... Ce n'est pas l'Orient-Express, mais presque, pour seulement 64 euros.

Ici pas de meurtre ni d'Hercule Poirot, mais pas non plus de cabine luxueuse. Tout les passagers sont logés à la même enseigne. D'ailleurs, la promiscuité est parfois un peu dérangeante, surtout quand on se retrouve à côté d'un voisin qui ronfle.

Alors il faut tout de même essayer de se faire un petit lit douillet. Claire, Olivia et Margot, trois copines de vingt-deux ans, s’installent et sortent les draps de leurs emballages. "Petit, cosy", "pour une nuit ça va", conclut Olivia. Les baroudeuses ne comptent pas faire les fines bouches : "Ça nous fait économiser une nuit d'hôtel et puis on arrive tôt pour profiter de la journée à Toulouse."

Mais il y en a un qui ne dormira pas de la nuit. Le chef de bord reste disponible pour répondre aux questions des voyageurs. La plupart s'interrogent sur le mode d'annonce des arrêts. En d'autres termes, ils veulent être sûrs de ne pas être réveillés en pleine nuit pas la voix d'un contrôleur annonçant : "prochain arrêt, Albi". Et là, pas d'inquiétude, le réveil ne sonnera pas avant 6 heures du matin, premier arrêt en gare.

"C'est une bonne alternative pour ne pas prendre l'avion."

Et en arrivant sur la côte : "Il n'y a que le train et autour les montagnes et la mer", décrit un voyageur et une autre d'ajouter "j'ai même vu des flamants roses". 9h56, arrivée à Port Bou, plus qu'à profiter des vacances.

Le 14 juillet, le président de la République Emmanuel Macron évoquait sa volonté de développer deux nouvelles lignes de trains de nuit. La semaine dernière sur franceinfo, le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari a confirmé l'arrivée d'un Paris-Nice et d'un Paris-Tarbes, d'ici 2022.

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