Un rapport scientifique propose d’évaluer les coûts sociaux du travail de nuit, dont les effets nocifs sur la santé sont ici confirmés, avec de réelles conséquences économiques.

L'Anses propose d'évaluer le coût réél du travail de nuit dans les entreprises
L'Anses propose d'évaluer le coût réél du travail de nuit dans les entreprises © Fotolia / © Renáta Sedmáková

Le travail de nuit abime le salarié : la conclusion du rapport remis ce mercredi par l’Anses (L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) pourrait avoir l’air d’enfoncer une porte ouverte, sauf que cette fois, les scientifiques proposent de traduire cette étude à travers des données pragmatiques.

L’Anses préconise ainsi  "d’évaluer les coûts sociaux" du travail de nuit pour les comparer aux "bénéfices potentiels". Traduire : est-ce bien nécessaire de miser sur le travail de nuit, si ce dernier coûte plus cher à la société en dépenses de santé ?

Plus de risque de cancers du sein ou de troubles mentaux

Le groupe d’experts, qui travaille sur la question des rythmes nocturnes depuis 2011 et qui a rendu ses conclusions à l’Anses, note des effets néfastes en quantité : le travail de nuit multiplierait ainsi les risques de cancer (en particulier du sein), ou de prises de poids. Ses conséquences sur les risques psychosociaux, troubles du sommeil, performances cognitives ou santé psychique sont aussi avérées.

Résultat : l’agence alerte sur la nécessité de renforcer la surveillance médicale des travailleurs de nuit, mais aussi d’évaluer ses "couts sociaux" que leur situation entraine : arrêts de travail, maladie professionnelle, absentéisme.

15,4% des salariés concernés

Le Code du travail précise en outre que le travail de nuit doit rester exceptionnel…sauf qu’il a quasiment doublé en vingt ans, selon l’Anses : en 2012, 3,5 millions de personnes, soit 15,4% des salariés français, suivaient un rythme de travail nocturne. Puisque la réglementation, toujours selon le rapport de l’agence de santé, n’est pas assez précise, il s’agit alors de limiter le travail de nuit aux seules activités qui assurent "la continuité de l’activité économique, ou des services d’utilité sociale", ou encore de forcer les entreprises à limiter dans le temps le travail de nuit dans la carrière des salariés.

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