[scald=41135:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Paris a demandé mardi à la défense de Jacques Chirac de produire la preuve du remboursement de 500.000 euros qu'il dit avoir fait au titre des emplois présumés fictifs dont il est accusé.

Ce point technique est la première demande adressée à l'ancien président, premier chef d'Etat républicain jugé dans l'histoire du pays mais absent de l'audience pour raisons médicales. Les interrogatoires des neuf autres prévenus devaient commencer dans la soirée de mardi.

Le dossier porte sur 28 emplois présumés fictifs à la Ville de Paris entre 1992 et 1995. Le président du tribunal Dominique Pauthe a rappelé que le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, avait retiré la constitution de partie civile de la Ville en échange d'une promesse de Jacques Chirac de rembourser 500.000 euros, 1,7 million étant à la charge de l'UMP.

Le magistrat a alors fait remarquer à Me Jean Veil, qui représente l'ex-chef de l'Etat, qu'il lui avait déjà réclamé en vain lors d'une précédente audience en novembre 2010 de produire la preuve du paiement. L'avocat a expliqué qu'il disposait d'une photocopie d'un chèque bancaire. "Le tribunal souhaite le versement de cette pièce au dossier", a répondu le magistrat.

Poursuivi pour "détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêt", Jacques Chirac, 78 ans, encourt jusqu'à dix ans de prison mais des peines fermes ne sont en pratique jamais prononcées pour des faits aussi anciens.

ROUSSIN A LA BARRE

L'ancien président de la République souffre de troubles neurologiques affectant sa mémoire et son raisonnement, dit un certificat médical privé qui justifie son absence.

L'accord financier passé entre la Ville, Jacques Chirac et l'UMP a été vivement contesté par les écologistes qui disent qu'à leurs yeux le compte des détournements de fonds au titre des emplois fictifs n'est pas soldé. Ils pensent en outre que la démarche constitue une faveur accordée à Jacques Chirac.

Les neuf autres prévenus vont être interrogés au début du procès, notamment Michel Roussin, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la Ville de Paris. Commentant l'absence de Jacques Chirac à l'audience, il a dit lundi aux journalistes: "Moi, je suis là, et ça fait dix-sept ans que je suis là".

Mis en examen en 1994 dans une première procédure sur la corruption à l'Hôtel de Ville, et alors chassé du gouvernement d'Edouard Balladur dans lequel il était ministre de la Coopération, Michel Roussin a ensuite bénéficié d'un non-lieu.

Il a été emprisonné quelques jours en 2000 dans une seconde affaire, qui lui a ensuite valu une condamnation à quatre ans de prison avec sursis et trois ans de privation des droits civiques pour "complicité de corruption".

Parmi les autres prévenus figurent notamment Jean de Gaulle, petit-fils du fondateur de la Ve République, l'ancien patron du syndicat FO Marc Blondel et François Debré, frère de l'actuel président du Conseil constitutionnel.

Le procès se tient jusqu'au 23 septembre.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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