[scald=106613:sdl_editor_representation]par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - Les antécédents de l'auteur présumé des tueries qui ont causé la mort de sept personnes en France, retranché mercredi dans un immeuble de Toulouse cerné par la police, ont éveillé les soupçons des enquêteurs dès sa première attaque le 11 mars dernier.

Mohamed Merah, âgé de 24 ans, est soupçonné d'être derrière la mort de trois militaires, un le 11 mars à Toulouse et deux le 15 mars à Montauban, ainsi que du meurtre d'un rabbin et de trois enfants dans une école juive de Toulouse lundi dernier.

A chaque fois, l'auteur est arrivé en scooter et a tué ses victimes en tirant à bout portant dans la tête.

Le 11 mars, le maréchal des logis chef Imad Ibn Ziaten, qui a mis en vente sa moto sur internet en précisant qu'il était militaire et en donnant son prénom, est abattu d'une balle dans la tête à Toulouse par un homme qui s'enfuit aussitôt.

"Après son assassinat, la police a épluché les communications qu'il avait reçues de la part de personnes qui étaient intéressées par l'acquisition de cette moto", a indiqué le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, lors d'une conférence de presse, à Toulouse.

"Et le croisement de ce fichier et des renseignements dont disposait la DCRI a fait apparaître une adresse IP correspondant à la mère de la personne que nous sommes en train d'interpeller", a-t-il dit précisant que 575 acheteurs potentiels avaient consulté l'annonce.

Mohamed Merah était sous surveillance de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) depuis longtemps pour appartenance à un mouvement salafiste sans qu'il y ait toutefois d'élément permettant de penser qu'il était sur le point de passer à un acte criminel, a précisé le ministre.

A la suite de l'attaque lundi du collège-lycée juif de Toulouse, plusieurs membres de la famille du suspect sont mis sur écoute sur ordre du parquet. A partir des éléments recueillis par le biais de ces écoutes, la décision est prise de mener l'opération du Raid dans la nuit de mardi à mercredi.

Selon une source policière, les enquêteurs auraient remonté la piste du suspect présumé par le biais de son frère qui se serait rendu chez un concessionnaire Yamaha et aurait demandé comment désactiver le "tracker" du scooter, un dispositif électronique installé pour le localiser en cas de vol.

PREMIÈRE PISTE ABANDONNÉE

La découverte la semaine dernière que la même arme avait été utilisée lors des deux attaques visant les militaires a permis de déterminer qu'il s'agissait du même tueur et de mettre en place une vaste opération de recherche.

"L'élément déclenchant a été le jeudi soir de l'assassinat de Montauban, la découverte par les services de police judiciaire de l'identité de l'arme entre celle qui avait frappé à Toulouse et celle qui avait frappé à Montauban", a dit le ministre de la Défense Gérard Longuet au micro de RTL.

"A cet instant s'est déclenché un énorme effort de mobilisation, près de 200 enquêteurs", ajoute-t-il.

Après la tuerie survenue au collège-lycée juif de Toulouse, la piste d'une attaque visant essentiellement l'armée est abandonnée par les enquêteurs.

"Dans un premier temps, nous avons cru, et surtout au soir de Montauban, que c'était l'armée qui était en quelque sorte (visée)", a indiqué Gérard Longuet.

"Nous avons regardé 20.000 dossiers de soldats, la première idée était de se dire 'peut-être un règlement de compte, peut-être une rancune', nous avons examiné 20.000 dossiers".

Les enquêteurs se recentrent alors sur des informations liées aux milieux islamistes extrémistes et les informations des données informatiques permettent de se rapprocher de Mohamed Merah, qui se revendique d'Al Qaïda.

"C'est le croisement (de ces) informations (...) et le travail d'examen des fichiers des adresses internet des interlocuteurs de la première victime qui a permis de se rapprocher" du suspect, selon le ministre de la Défense.

Prié de dire si des morts auraient pu être évitées, il a répondu : "Je ne pense pas, sauf à transformer la France en Etat policier."

Avec Jean Décotte à Toulouse, édité par Yves Clarisse

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