Des chercheurs américains se sont penchés sur la perturbation constatée par certaines femmes après la vaccination contre le Covid-19. Il ressort de leur étude que le vaccin rallonge de moins d'une journée en moyenne le cycle menstruel.

Certaines femmes ont constaté des perturbations de leur cycle menstruel après la vaccination [photo d'illustration].
Certaines femmes ont constaté des perturbations de leur cycle menstruel après la vaccination [photo d'illustration]. © AFP / MARTIN BUREAU

Alors que le sujet avait quelque peu enflammé les réseaux sociaux il y a quelques temps, voici une étude qui a de quoi rassurer celles et ceux qui doutaient encore. Il s'agit d'une étude sur l'impact des vaccins sur le cycle menstruel. Elle a été menée aux États-Unis sur 4000 femmes de 18 à 45 ans, vaccinées ou non et n'utilisant pas de contraception. Elle conclut qu'il n'y a aucune raison de s'inquiéter. 

Juste après avoir reçu un vaccin, le cycle menstruel, c'est-à-dire l'intervalle qui sépare deux périodes de règles, est rallongé de moins d'une journée, indique cette étude. Un effet temporaire et qui n'est pas grave. La durée même des règles n'est pas affectée, ce qui est très rassurant pour les chercheurs. Ils rappellent que si un cycle s'étend en moyenne sur 28 jours, tout changement inférieur à huit jours est considéré comme normal

Un léger dérèglement de l'horloge corporelle

Les variations constatées de la durée du cycle après vaccination sont donc mineures et surtout, elles s'expliquent très simplement. On sait depuis longtemps qu'un stress, par exemple, peut engendrer de légères modifications. Le vaccin peut faire la même chose, sans que ce soit pour autant préoccupant. "C'est un mécanisme très complexe et il ne faut pas grand chose pour le dérégler", rappelle le professeur Olivier Picone, gynécologue obstétricien, président du groupe de recherche sur les infections pendant la grossesse. "Quand il y a un vaccin, il y a une réaction inflammatoire qui est produite et ça peut parfois perturber. C'est le processus inflammatoire du vaccin qui fait ça, c'est très banal. On le constate même chez des patientes qui ont une infection quelconque." De fait, le vaccin libère la production de protéines, appelées cytokines, qui peuvent légèrement dérégler l'horloge corporelle.

À l'hôpital, le médecin avait lui-même pu constater que les petits dérèglements observés n'ont jamais dépassé un, deux ou trois cycles. Un constat confirmé par l'étude américaine. Elle est "rassurante", souligne le professeur, car elle "met des chiffres sur ces plaintes qui ont fait un peu de bruit à une époque".

Par ailleurs, beaucoup de femmes redoutaient un éventuel impact aussi sur leur fertilité. Mais il n'existe aucun argument pour être inquiet de ce point de vue, assure et rassure le médecin.