La Haute Autorité de Santé a tranché : le vaccin anti-HPV (contre les papillomavirus), jusque là réservé aux filles de 11 à 14 ans, sera désormais proposé aussi aux garçons. Objectif: élargir la couverture vaccinale, trop faible en France.

 Le vaccin HPV sera recommandé aux garçons de 11 à 14 ans dès cet été
Le vaccin HPV sera recommandé aux garçons de 11 à 14 ans dès cet été © AFP / BSIP / B. BOISSONNET

Plusieurs sociétés savantes l'appelaient de leurs vœux depuis des mois. Le message a finalement été entendu : dès cet été, le vaccin anti-HPV (contre les papillomavirus) sera recommandé pour les garçons de 11 à 14 ans. C'est la Haute Autorité de Santé qui vient de publier la recommandation. La ministre de la santé Agnès Buzyn s'en est immédiatement félicitée, souhaitant que "cette recommandation soit intégrée dans le calendrier des vaccinations 2020 pour une mise en oeuvre d'ici l'été".

Un tel élargissement de la vaccination va permettre de freiner la transmission des papillomavirus humains, et ainsi de mieux protéger la population des cancers qu'ils provoquent, principalement chez les femmes mais aussi chez les hommes, dans 25% des cas. Ces virus sont à l'origine de cancers du col de l'utérus et du vagin, mais aussi de cancers de l'anus, du pénis, ou des amygdales, en cas de rapports bucco-génitaux. Quelque 1 750 nouveaux cas de cancers causés par le HPV surviennent chaque année en France chez des hommes, et 4 580 chez des femmes. À lui seul, le cancer du col de l'utérus tue encore plus de mille femmes chaque année en France (avec 2 900 cas diagnostiqués chaque année).

Le vaccin devra être systématiquement proposé lors des consultations

Jusqu'à présent, la vaccination n'était recommandée que chez les filles de 11 à 14 ans (avec rattrapage possible jusqu'à 19 ans), chez les personnes immunodéprimées, et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu'à 26 ans

L'élargissement va donc permettre de couvrir davantage la population, encore peu protégée car les jeunes filles se font peu vacciner. La défiance aux vaccins étant ce qu'elle est, seules 24% des jeunes filles en âge de l'être sont vaccinées, et seulement 15% des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. On est loin encore de l'objectif initial qui était de 60%. Or, plus il y aura de vaccinés, moins le virus circulera.

Pour la Haute Autorité de Santé, la recommandation aux garçons répond aussi à l'argument d'un "égal accès à la vaccination", sans distinction de sexe ou d'orientation sexuelle. Elle permettra aussi de simplifier le travail des professionnels de santé, qui n'auront plus à se poser de question sur l'opportunité de vacciner, à un âge (11-14 ans) où l'orientation sexuelle n'est pas forcément connue ou affirmée. Par ailleurs, le fait que les garçons soient également appelés à se faire vacciner lèvera peut être des freins chez les jeunes filles qui hésitent encore à le faire.

Certains pays comme les États Unis, et le Royaume Uni depuis l'an dernier, recommandent déjà ce vaccin entre 11 et 13 ans.

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