Il est le gros nuage noir dans le ciel de nos vacances : le variant Delta, majoritaire en France, fait désormais exploser le nombre de contaminations. Sa charge virale est en effet bien plus puissante que ses prédécesseurs, ce qui le rend plus contagieux, et donc plus dangereux à l'échelle de la population.

Illustration d'anticorps répondant à une attaque de coronavirus
Illustration d'anticorps répondant à une attaque de coronavirus © AFP / KATERYNA KON / SCIENCE PHOTO LIBRA / KKO / Science Photo Library

Le gouvernement, par la voix de son porte-parole Gabriel Attal interrogé par France Inter, annonçait ce jeudi que la France entrait bien "dans une quatrième vague, qui ne ressemble pas aux précédentes parce que la pente est beaucoup plus raide. On a franchi hier le double du seuil d'alerte de notre pays."

La raison : le variant Delta, devenu majoritaire sur tout le territoire. Classé dans la catégorie des variants préoccupants, il est à l'heure actuelle celui qui possède le "badge d'accès" le plus efficace pour mener une contamination de masse : plus contagieux que la souche originelle, il pénètre en effet plus facilement dans l'organisme et l'affaiblit plus vite.

Le professeur Anne Goffard, virologue au CHU de Lille, explique : "On décèle des mutations dans la protéine S, pour 'spike' (spicule - pic), qui permet au virus de s'accrocher aux cellules humaines. L'image qu'on pourrait prendre, ce serait celle d'une clé avec une serrure. La protéine S, c'est la clé, et elle change de forme pour reconnaitre de mieux en mieux cette serrure, et ouvrir la porte du premier coup."

Autre particularité du variant Delta : il est doté d'une charge virale plus puissante que ses prédécesseurs. "Il y a plus de virus qui rentre, donc il y a plus de cellules infectées et la quantité de charge est plus importante. L'autre hypothèse, ça pourrait être que le virus se multiplie aussi mieux dans nos cellules, mais il n'y a pas d'argument scientifique qui permette de le dire aujourd'hui."

Une contre-attaque possible : la vaccination des moins de 12 ans

La spécialiste tempère : "La bonne nouvelle, c'est que le variant Delta reste bloqué par les anticorps et l'immunité que l'on développe suite à la vaccination. C'est pour ça que je serais, personnellement, pour la vaccination des enfants de moins de 12 ans : d'abord parce que le Covid va devenir une maladie de l'enfant (et comme ils seront asymptomatiques, on ne s'en rendra pas compte), donc le virus va continuer à circuler. Mais ainsi il y a un risque que d'autres variants apparaissent." Pour autant, la virologue Anne Goffard est catégorique : immuniser les adolescents de 12 à 17 ans ne suffira pas. Aujourd'hui, une immunité collective serait atteinte avec 90% de la population française vaccinée, ce qui est loin d'être encore le cas.